LIVRE VTII
ces cliants inspirateurs , ces merveilles de l'art au milieu des merveilles de la nature , tout s'est réuni pour porter l'ivresse et le ravissement au fond de l'àme d'Elodie.
Un banquet splendide attend les héros de la fête. Sous une tente élevée au milieu des bosfjuets le festin est préparé. Des faisceaux d'armes servant de colonnes soutiennent une toile d'or tendue sous le feuillage ; des câbles d'azur en relèvent les festons , et des guirlandes fleiu'ies en couronnent le cintre.
Tous If s pnrliantpmpn'î , tous les plaisirs entourent l'orpheline. Vers le soir le repas est achevé. Elodie sort de la tente. En croira-t-elle ses yeux ! d'éclatantes lumières ont succédé aux derniers rayons du jour. Tous les bosquets sont illuminés. Des feux de mille couleurs lancent sous la verdure leur magiques rayons. Comme un globe enflammé le monastère s'élève orgueilleu-
sèment au-tlessiis des étoiles resplendissantes dont est semé' le parc enchanté.
L'onde paisil>le qui traverse les jardins, réfléchissant ces clartés éblouissantes , semble rouler sur la pelouse des nappes de cristal, des paillettes d'azur, de la poudre argentée , des perles et des diaraans. Tous les rêves de l'Orient , tous les miracles de la féerie, tous les prodiges de la fable se réalisent pour Elodie.
De tontes parts des danses se forment ; de toutes parts des chants joyeux retentissent. Chaqvte arbre à s.i dryade , chaque bocage a ses divinités. La comtesse un instant s'est éloignée de l'orpheline. Le prince de Palzo profite du trouble , du ravissement , de l'ivresse qu'éprouve la jeune reine de la vallée. Il l'entraîne rapidement vers un bosquet écarté ou s'élève le temple de l'Hymen qu'environne un groupe de sylphides : il tombe à ses genoux, il
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s'éciie: — «Fille adorée, ouvre-moi ce )) temple! »
Elodie lève les yeux vers l'édifice illuminé que le prince lui montre. Une divine m('lodie s'y fait entendre. Il semble que les instrumens célestes y soient descendus sur les nuées , et que les harpes immortelles y soient touchées par les archanges.
<i Approche, joiinc dt'ite!
» Que nul prodige ne t'ctonnc !
5) L'éclat l)rillant qui t'environne , 3) Vaui-ii l'éclat de ta bcanlc !...
1» L'art en vain l'offre une Idalic j » Il n'est en cet heureux séjour
J' T>'outrr> mor\pJI<> qil'Klodie,
M Et d'autre enchanteur que TAmonr.
» Aux mortels impose ta loi,
3) Nonvolle reine de Cythère!
3» Commande à la nature entière ,
y> Son plus bel ou vrafçc. ..c'est toi.
j> Monte au temple de la Victoire!
)) Viens ! laisse cnlin parler ton cœur !
■5) Le trône ic promet la gloire ,
'' L'Amour te promet le bonheur. >*
Les chants ont cessé. La porte cKi temple s'ouvre , et l'éclat radieux de Fenceinte merveilleuse éblouit l'orpheline. Il en jaillit des éclairs comme du palais des météores promis aux filles de Fingal. Au fond du sanctuaire, porté sur des nuages de pourpre et d'azur , l'autel de l'Hymen resplendit : à l'entour l'encens et les aromates brûlent en des cassolettes d'or. Semblable aux jeunes essaims de Cythère , du milieu de ces nues une foule d'amours s'élance : secouant leurs flambeaux étincelans , ces nouveaux enfans de Cypris volent à la nouvelle Hébé , lui présentent la coupe de l'amljioisie , l'entourent d'une des ceintures de Flore , et doucement cherchent à l'attirer vers cette entrée de l'Olympe d'où s'exhalent tous les parfums de l'Arabie.
Le prince de Palzo est resté aux pieds d'Elodie, et quelcpie chose de plus éloquent encore que la prière parle par