LIVRE vm. S.J
y> Eloclie, vous me jurez de ne point com- )) promettre votre vie? »
Au doux accent de l'orpheline, au vif intérêt qu'elle lui témoigne, à sa tendre prière , le Solitaire , fortement ému , cherche à dissimuler son agitation : osant à peine la regarder , à laliàte il prononce ces mots : — (c Par un passage souterrain » connu de moi seul, par ce caveau sey) cret, j'étais certain de m'introduira )) dans le monastère. Armé, de crainte y» d'être aperçu et surpris, j'avais l'espé- )) rance de parvenir sans obstacle jusqu'à )) vous : un pressentiment secret me l'a- » vait annoncé. Certain de vos inquié- )) tudes, je venais les dissiper. Encore y) une fois, ne redoutez point un hymen )) qui ne s'accomplira jamais. J'ai rempli )) mes promesses.... Vous avez imploré )) mon appui, vous serez secourue ; vous » avez compté sur mon dévouement ^ )) vous serez sauvée. »
H dit; et pai' la porte secrète du ca-
Ô& LE SOLITAniE.
Veau est prêt à disparaître. — (C Arrêtez! )) s'e'ciie EloJie; quoi! déjà!.... y)
Le Solitaire revient \;ers elle. — (cVous )) m'avez repoussé jadis , lui dit-il, poury> quoi me retenir aujourd'hui?... O vous )) dont je porte en tous lieux le souvenir )) et l'image , comme le vent impétueux y) porte le nuage et la tempête , n'aurez- » vous jamais pitié de moi! »
Puis , n'étant plus le maître de se contraindre, brusquement il tombe à ses genoux. — ' (( Qu'ai-je dit! toi me plain- )) dre!... Non, tu as raison : je ne suis )) point digne de pilié j feime Toreille à )) mes gémisscmens : je suis un insensé, y) je t'adore, hélas ! et mon amour est la )) seule vertu que j'aie sauvée de mon » naufrage. AngéUque beauté! ta main )) en pressant la mienne en a-t-elle effacé )) les souillures!... Ta présence semble » purifier l'air que je respire , mais ton )) regard peut-il m' absoudre!... Infor- » tuné! loin de toi , comme rayé du li-