LIVRE IX, 4ï
sorte à l'agoiiie qui précède l'heure suprême.
Le piince est au pied du pic Terrible : son fi'ont a repris sa tranquille assurance et son imposante sévérité. Politique habile, il sait se commander à lui - même ; et du vernis de l'audace il a recouvert 1 an\,iété secrète qui le dévore. Plusieurs chefs des factieux l'attendent : mais , ainsi que leurs messagers à l'abbaye l'avaient prévu , les montagnards armés que Palzo devait passer en revue sur ces bords écartés, ont refusé de se rendre an pic Terrible. Les superstitieux habitans de la contrée, dans les champs du carnage s'élanceraient avec intrépidité à la mort la plus certaine , et n'oseraient approcher du pic au sommet duquel apparaît le fantôme sanglant; leur bravoure indomptée ne s'étonne d'aucun danger réel, et s'évanouit devant toute apparence surnaturelle.
T. IL 4« édit. 4
^l>- LE SOLITAIRE.
Le mécontentement du prince est extrême : tout retard est funeste ; il cache néanmoins ses alarmes ; et , s'entourant des principaux conspirateurs , il leur montre une nouvelle lettre des ministres de France, lui renouvelant toutes les promesses de Louis XI. 11 leur annonce en outre qu'une partie des troupes lorraines n'attend que son signal pour se révolter contre Pvéné , se ranger sous ses di-apeaux, et lui ouvrir les portes de Nancy.
D'après le plan des conjurés, tout le midi de la Lorraine, à partir d'Epinal , doit former une province séparée , dont la frontière s'étendra jusqu'au canton de Morat , et dont la souveraineté seia donnée à Palzo. Nancy, Lunéville, Metz, le Danois et tout le reste des Etats de René serojit réunis à la Fj'ance. Sitôt que l'étendard de la révolte aura été levé, l'armée de Louis XI se portera à la rencontre de Palzo j et d'Epinal