‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 116 sur 205 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

leurs troupes réunies marclieront sur Nancy.

Après une éloquente harangue du prince , un nouvel enthousiasme s'est emparé du coeur de tous les chefs révoltés. Le serment de fidéUté est de nouveau répété par eux avec transport.

Palzo sourit èi leurs bruyantes acclamations, et leur donne l'ordre de réunir dans trois jours , au milieu de la nuit , tous leurs soldats armés en cette même plaine de Morat où les Suisses triomphèrent des Bourguignons. De ce lieu de rassemblement général ils se dirigeront aussitôt vers Epinal, où les troupes lorraines et françaises viendront se joindre à eux.

Le plan de la conspiration définitivement arrêté , les chefs se séparent :

depuis long-temps l'aurore sombre et voilée s'était levée au-dessus des montagnes. Le ciel s'est couvert de nuages :

le prince reprend la route cle l'abbaye. Au milieu de la forêt il interrompt sa marche ; il confie diffërens messages importaiis aux divers guerners qui le suivent j et seul il redescend vers la vallée.

Plongé dans de sombres rêveries, Palzo laisse flotter les rênes de son coursier, qui , bientôt s'éciu'tant de la route frayée , le conduit au hasard à travers les sapins et les rochers. Tout à couple cheval s'arrête, et cette interruption de mouvement a rappelé le prince à luimême. Il s'aperçoit qu'il s'est égaré : un ravin profond est devant lui ; sans réfléchir au danger , il a violemment pressé les flancs de son coursier : l'animal fougueux s'élance vers l'autre ri^^e ; mais uu de ses pieds de derrière s'est embarrassé dans une racine d'arbre, et Palzo tombe précipité jusqu'au fond du large fossé.

Blessé , il se relève; ses vêtemens sont

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