LIVRE IX
se réfugie auprès de la vierge d'Underlach.
Touchée du désespoir de la comtesse, la sensible Elodie , oubliant ses persécutions et sa cruauté , ne songe qu'à dissiper ses alarmes. De l'accent du repentir et de la tendresse, l'artificieuse amie de Palzo s'est écriée : — « Le perfide ! )) comme il m'a .trompée!.... J'allais lui » sacrifier ma fille ! j'allais unir mon Elo- )) die à un cliefde rebelles!... Impliquée )) dans la plus affreuse conspiration , y) peut-être périrai-je ; ma crédulité méy> rite un châtiment terrible. Je dois pa^t » raître coupable ; mais, fille bien aimée ! )) je ne me reproche que d'avoir voulu )) contraindre votre cœur ; un jour de » plus , et vous étiez la victime de ma ty- » rannie ! . . . Oh ! (jue René me plonge dans )) les cachots, ([ue la terre entière me con- )) damne , mais qu'Elodie me pardonne , )) et sans regrets je subirai mon sort. »
Son accent païaît celui de la vérité.
L'innocence est crédule ; la fille de Saint- Maur rassure sa protectiice, et descend à la hâte auprès du comte deNorindall.
Ecbert attendait Elodie. Malgré ses efforts pour se vaincre , et ses combats intériem^s pour cacher ses sentimens, le noble comte de Norindall, que mille souvenirs accablent, se trouble à la vue de l'orpheline. Il lui expose le but de son voyage; il lui détaille la vaste conspiration dont les preuves authentiques ont été remises entre les mains du duc de Lorraine, et termine en ces mots son récit : — (C Le prince de Palzo , chef » des conjurés, est chargé de fers. Le )) gouvernement suisse a permis son ary) restation en ses états. Par un conseil 3) de guerre, Palzo sera jugé à INancy. y) Une mort honteuse l'attend : ses com- )) plices en Lorraine sont en ce moment jf) arrêtés ; et le supplice du chef servira y) d'exemple aux rebelles. » — a Noble