LIVRE IX. 5l
Enfinsesvœux vont être comblés. Avec quelle impatience il attend l'aurore nouvelle !.. Le calme (le l'orpheline luisemlDle d'un favorable augure; et sans la prophétie de l'abîme , son coeur ivre d'espérance et de joie , ne se livrerait qu'à l'amour.
Ne pouvant douter des promesses de l'homme du mont Sauvage , la confiante Elodie s'est endormie profondément en sa paisible retraite , et ne s'éveille qu'au premier rayon du jour. Quel bruit s'est fait entendre à son oreille ! quel tumulte ! quels cris confus ! Elle s'élance à sa fenêtre.... Qu'aperçoit-elle! le monastère est cerné de tous côtés par de nombreux soldats. L'étendard du duc de Lorraine iloltc au sommet des tours. Attaqués à l'improviste , les gardes de Palzo sont désarmés et captifs. Sans combat les troupes de René se sont emparées de tous les postes, de toutes les issues de
l'abbaye; et comme une citadelle de guerre enlevée pai- surprise, le monastère est au pouvoir d'im nouveau maître.
Eperdue , égai-ée , la comtesse Imberg se présente aux yeux de l'orpheline. Le désespoir est dans son âme; la terreur est sur son front- et c'est maintenant la protectrice qui implore la protégée.
Au nom du duo de Lorraine, Palzo vient d'être arrêté comme coupable de haute trahison. Ses mains sont chargées de fers. 11 a été jeté dans les cachots de l'abbaye par ordre du chef des guerriers de René ; et ce chef est le comte de JNorindall.
L'amie , la confidente du prince de Palzo, sans doute sera compromise dans la conspiration découverte : peut-être comme complice va-t-elle être arrêtée !
La comtesse n'ignore point l'amour d'Ecbert pour Elodie : cet amour peut la sauver des malheiU'S qui la menacent. Elle