LIVRE IX
Emue jusqu'au fond de l'àme, Elodie craint de rencontrer le regard touchant du magnanime guerrier. — « Comte de )) JXorindall ! dit-elle , je vous dois auy) jourd'liui plus que la vie , votre se- )) cours.... )) — c( Vous ne me devez » rien , interrompt vivement Ecbert 5 ;» vous devez tout au Solitaire. »
— (( Homme généreux ! vous refusez » ma reconnaissance!.... )) — ((Cruelle! » n'avez-vous pas refusé mon amoiu*! »
Alors changeant d'entretien , la vierge d'Underlach hasarde un mot sur la comtesse Imberg. D'après les ordres de René, l'amie de Palzo sera conduite à JNancy pour y être interrogée. Elodie plaide avec chaleur la cause de sa protectrice 5 et le comte de Norindall lui promet sa puissante intercession auprès du prince de Lorraine.
Ecbert doit , dès le lendemain , quitter la Suisse : l'orphehne demeurera-t-elle
au monastère, lorsqu'à Nancy sa présence et ses prières pourraient contribuer à sauver la comtesse?... Abandonnera-t-elle dans son malheur celle qui , dans sa prospérité , entreprit un long et pénible voyage pour venir lui servir de mère ?. . . . Non , l'honneur lui commande un généreux dévouement : mais , hélas ! il faut s'éloiçruer du Solitaire ! Comment se séparer de son puissant protecteur ! comment fuir ainsi l'être auquel est en quelque sorte attachée sa destinée !
Grand Dieu ! quels violens combats se livrent en son ccem-! quels tourmens affreux déchirent son âme !....
Le devoir l'emporte enfin sur l'amour:
c'en est fait, Elodie ne quittera point la protectiice que lui choisit Herstall , tant que les péiils et l'adversité menaceront sa vie; mais, la comtesse redevenue libre et fortunée, la douce fille de l'Helvétie reviendra terminer ses jours au monastère d'Underlach.