‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 133 sur 205 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

v^uELQUES rayons précurseurs du jour avaient chassé les ombres de la plaine éthérée. Humides de la rosée du matin , les arbres de la foret , par les zéphyrs, agités , secouaient leurs couronnes rembrunies. Le dernier mois de Cérès avait fui : déjà quelques feuilles desséchées s'échappaient du rameau paternel. Belle comme le rayon doré de l'astre des cieux à son couchant, la nature, de mille couleurs parait les bois et les coteaux. Enchanteur est le retour de la saison des fleurs , mais plus touchant encore est l'adieu des beaux jours.

y 8 LE SOLITAIRE.

La nièce d'Herstall a a revenu' à l'existence. Sa pensée confuse encore n'a pu percer les ombres qui l'enveloppent. Cependant il lui semble que poussée en des tourbillons orageux , elle fend les plaines de l'air avec rapidité. Sa paupière s'entr'ouvre languissamment.

Elodie ne distingue aucun objet; cependant ce n'est point un songe. Comme l'oiseau de la vailée qu'a saisi l'aigle des montagnes , elle se sent enlevée par cpielque puissance inconnue , dont le rapide essor n'est arrêté par aucun obstacle. Ainsi la nymphe Oiithye , au pouvoir de l'impétueux Borée , traversait le fleuve liiissus emportée par les Ouragans.

Elodie a recouvré la pensée : le souveniî' renaît avec lu vie. Aux premières clartés du jour, elle jelte un regard timide sur l'objet inconnu qui soutient sa tête appesantie. O terreur !.... recouverte d'un manteau roiige dont les longs

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