‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 134 sur 205 · LIVRE X. *^g · texte numérisé non relu

LIVRE X. *^g

plis se drapent autour d'elle , elle est entre les bras du fantôme sanglant.

D'une marche rapide il gravit la montagne ; il s'enfonce au sein des forêts. EfTmyant comme un météore destruc* teur se glissant à travers les ombres , il fuit précipitamment entre les rochers et les précipices. Léger comme un tourbillon fantastique , il semble , en sa course impatiente, n'emporter avec lui qu'une substance vaporeuse. Silencieux comme une apparition funèbre , il ne paraît appartenir ni à la vie ni à la mort.

La fille de Saint-]Maur pousse un long gémissement, et ses yeux se referment avec horreur. — « Elodie ! Elodie !.... » s'est écriée une voix tendre et suppliante. Oh! comme cet accent connu a retenti au cœur de l'orpheline ! Les premiers feux du soleil relèvent moins promptement la fleur abattue par une nuit d'orage. Portée aux lèvres brûlantes du voyageur perdu dans les sables du

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Sahara , l'eau de la fontaine du désert ne rend point aussi rapidement à l'existence. Un accord des hymnes du ciel eût offert moins d'enchantemens. Elodie a rouvert sa paupière au cri de l'amour et de ladouleiu'; et son regard s'est déjà confondu dans les regards du Sohtaire.

11 a ralenti sa marche : il la soutient entre ses bras ; il la serre contre son coeur; et la vierge d'Underlacli, dans une douce ivresse , de nouveau demeure jnnnobile : mais ce n'est plus le calme de l'insensibilité, c'est le repos d'un songe enchanteur : en ellela cessation du mouvement n'est que la crainte d'un réveil.

Le Solitaire est encore revêtu de la robe sanglante du fantôme dont il a emprunté l'apparence. Mais plus d'effroi pour l'orpiieline ! Qu'importe un costume d'épouvante , pourvu fjue sous le vêtement de l'homme terrible batte le cœur du bien-aimé !

Le zéphyr caressant de l'aube se joue

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