LIVRE X
Tout à coup un trophée d'armes s'offre devant elle. Non loin est un ermitage environné d'arbres. Elodie reconnaît le bouclier armorié que le comte Ecbert de^l0^indall avait salue la veille. — ce Où » suis-je î dit-elle , en se toiu-nant vers )) le Solitaii^e : où me conduisez-vous? » — « C'est moi qui vous suivais , répond )) tristement le chasseur de la monta- )) gne. » — « Quel est ce lieu? » — « Le » mont Sauvage. » — <( Quelle est cette » habitation? » — (( L'ermitage du So- » htaire.
» O'.ii, continue-t-il , voilà la roche » d(* l'exil ; voila le seul domaine que » puisse offrira sa compagne l'inrorhmé i) de l'ifi'lvélie. Seul a ses souvenirs, ici » repo.sant sons: l'arbre funèbre, a.^sis sur )) l';:ii(U; bruyère, il vécut de l'eau du » torrent, de racines, de fruits sauva- » gt'.'< , et de quelques herbes anières.
j) lilodie'... est-ce là l'époux que de- » vait choisii' l'iimocence et la beauté !...
» Hélas ! il n'a point de patrie , ne porte )) aucun titre , est aujourd'hui sans nom, )) et n'a pas même un cœur purà offrii'... )) Douce colombe d'Underlach! fuyez le )) toit de Tinfortune ! fuyez l'homme du » mont Sauvage ! »
— ((Ah! répond l'orpheline attendiie, )) jamais je n'ai fui les malheureux. »
A ces mots un s oui ire amer éclau'cit a demi le noir sourcil du Sohtaire. 11 s'approche du trophée d'armes, et montrant le bouclier sur lequel resplendissent de royales armoiries : — (( Je n'ai pas j) toujours été' ce que je suis aujourd'hui, y) reprend-il; il fut un temps où mon nom, )) porté par la renommée, retentissait )) dans l'Europe entière... Hélas ! de mes » triomphes passés ce boucher est tout )) ce qui me reste. »
Alors , saisissant la main d'Elodie : — (( Parle ! ajoute-t-il avec transport : la » fortune, la gloire, les grandeurs ont- » elles pour toi quelques charmes ?... Je