‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 135 sur 205 · LIVRE X. 8l · texte numérisé non relu

LIVRE X. 8l

entre les blonds cheveux de l'orplieline qui , détachés , tombent épars sur ses épaules ; leurs boucles ondoyantes ont efïleiu'é les lèvres du Solitaire. Un instant il hésite il craint de profaner

les voiles de l'innocence : doucement il les ('carte mais le léger souffle du matin les lui repousse. Le Sohtaire ne résiste plus à l'ardent désir qu'il combat; et , sur les anneaux de la longue chevelure d'Elodie, sa bouche ose imprimer le plus tendre baiser.

Douce électricité de l'amour! comme s'il eût touché ses lèvres, Elodie a ressenti dans tout sou être le brûlant baiser qu'a reçu sa chevelure égarée. PI us brillant, plus tendre que jamais, le regard du Solitaire alarme l'orpheline.

Sans conij)rendre le danger elle en pressent l'approche. Entre les bras du beau chasseur de la montagne elle a senti couler dans ses veines une flamme inconnue. Les battemens de son coeur se p récipi-

teiit; mais le cœur diibien-aimé bat plus impétueusement encore. Le Solitaire a soudain tressailli; ses mouvemens, l'instant d'auparavant si calmes et si mesurés, sont devenus brusques et impétueux ; sa voix passionnée murmure des sons inintelligibles ; son front se courbe vers le front d'Elodie; leurs respirations se confondent, lem-s regards se trouljlent, et le souffle embrasé de l'amour étend sa vapeur magifsne autour des deux amans seuls au milieu de la foret.

La fille de Saint-Maur se dcG;af]fe à l'instant des bras du Solitaire. — « Je » puis marcher , dit-elle , je puis vous » suivre ; » et de son libérateur elle s'éloigne effrayée.

Sans réfléchir où ses pas la dirigent, sans intention comme sans but, elle continue à gravir la montagne; elle erre au sein delaforêt : rien n'interrompt sa marche, rien ne distrait sa pensée. Ainsi devant le berger d'Admète fuyait la fille du Pénée.

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