‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 152 sur 205 · LIVRE Xr · texte numérisé non relu

LIVRE Xr

» criai-je en le voyant s'éloigner, il se » dit mon anù, et c'est aux jours du » danger qu'il m'abandonne. »

» Soudain d'eifroyables clameurs, parties de la cour même du palais, m'annoncent qu'une émeute vient d'éclater; ma garde combat les rebelles. Parmi les vociférations des assaillans , j'entends ces cris : — a Mort au tyran ! Five )) Saint- Maiir! )) Accoutumé aux trahisons de l'amitié, je ne doute plus que , pour moi , le comte ne soit un autn* Louis : je revêts mon armure; et, suivi de plusieurs chevaliers, je cours joindre mes défenseurs. Sur l'escalier du palais je rencontre Sainl-Maur, qui, s'élançant vers moi , veut me retenir. — k Traître ! )) lui dis -je, laisse -moi! » Ce fatal cri des révoltés retentissait encore à mon oreille ; ma tête s'égare... Je ne vois dans le comte arrêtant mes pas qu'un assassin prêt à nie frapper : le repoussajit avec fureur, je le montre à mes guerriers, T. 11. 4- eV///. II

et je m'écrie : — ce Yoilà le chef des conjurés! »

» A l'instant Saint-Maur , entouré de mes barbares satellites, est frappé d'un glaive homicide. De lâches courtisans zélés pour le crime , et feignant de servir le prince et la patrie, s'empressent d'immoler un chef dont ils haïssaient la morale austère. Elodie ! votre infortuné père tomba mort à mes pieds; mais du moins, j'en atteste le Ciel , ma main ne s'est point baignée dans son sang.

» Je parais au miheu des rebelles , je combats, et j'ai triomphé. Mais le meurtre avait précédé la victoire. Forcé de justifier le trépas de Saint - Maur aux yeux de ma cour , quoique peu certain de la perfidie du comte , je fis flétiir sa mémoire par un arrêt infâme : tous ses biens confisqués furent ravis à sa famille; et son infortunée veuve alla dans un lointain exil cacher le reste de sa vie.

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