LIVRE xr
» Ici commencent les horreurs et les cruautés de ma vie. J'obéis aux ordres de mon père. Hors les vieillards, les femmes et les enfans que je fis chasser de la place soumise, toute la population de Dinan fut égorgée. Liés deux à deux , liiiit cents des principaux rebelles furent jetés dans la Meuse 5 et la ville saccagée périt dévorée par les flammes.
» Philippe mourut peu de temps après ce funeste siège ; et mon avènement au duché de Bourgogne fut signalé par un
afireux homicide O vierge d'Under-'
lach! ma plume se refuse à continuer cet
liorrible récit Vous allez frémir....
I lélas ! il faut pourtant achever • aucun de mes forfaits ne doit vous rester caché.
» Je me rends à Dijon où venait d'être enseveli mon père. L'or de Louis \I et ses arlihces y avaient soulevé contre moi tous les esprits, tandis qu'à sa voix.
révoltés de nouveau , les Liégeois , rompant la paix et courant aux armes , s'emparaient de Huy sur la Meuse.
y) Forcé de lever de nouveaux impôts et de rassemJjler de nouvelles troupes , j'allais recommencer une nouvelle guerre , lorsque des symptômes de révolte se manifestent dans ma capitale et jusque dans mon armée. Le comte de Saint-Maur, chef adoré des soldats, se présente un jour devant moi. Sévère et presque menaçant, il blâme mes résolutions , et s'oppose à mon projet de combattre les Liégeois. Cependant jamais guerre n'avait été plus juste.
L'ennemi qui m'attaquait , deux fois avait violé ses traités, deux fois avait tralii ses sermens : et mon courroux était légitime. Exaspéré par les perfidies dont j'avais été constamment la victime, je repoussai avec emportement les conseils de Saiut-Maur. Le comte à l'instant ra'olliit sa démission. — « Eli quoi ! m'é-