LiVRE I
tus une âme ardeote et sensible , le duc de Bourgogne était loin encore d'être ce monstre qui plus tard devait, victime de ses propres fureurs, emporter au tombeau riiorrem- de ses contemporains :
CUarles allait rappeler son ancien ami, lorsque, dans la cour du palais, un tumulte alFreux se fait entendre. Une «meute venait d'éclater; et le peuple en armes se portait vers la résidence royale, en poussant des cris féroces. Le duc prête l'oreille , et parmi les vociférations de la multitude, il entend ce cri : — « Yive Saint-Maur! »
La garde du souverain cherchait à repousser les assaillans : un combat sanglant s'était engagé. Charles-le-Téméraire saisit son glaive, et suivi de quelques chevaliers , lui-même va fondre sur les rebelles. Sainl-Maur se présente , et craignant pour les jours de son maître, veut l'arrêter. — « Traître , laissez-moi , » dit le priiire furieux. » — ce YiveSaint-r
)) Maur! » crie au loin la populace soulevée. Alors se retournant vers ses guerriers : — « Voilà , s'écrie Charles hors » de lui-même , voilà le chef de la ré- » volte; que son triomphe soit court! »
A l'instant, environné de toutes parts, Saint-Maur tombe baigné dans son sang; et la voix pubhque accusa le prince d'avoir lui-même immolé son ancien ami.
Charles est au miUeu des combattans.
Son aspect et sa valeur ont en un instant dissipé les rebelles. Tout tombe ou fuit devant son glaive ; et déjà les chefs du complot sont prisonniers.
Rentré vainqueur dans son royal séjour, le prince jouissait de son triomphe, lorsque tout à coup le cadavre de Saint- Maur , traîné hors du palais , vient se montrer à ses regards, et le fait tressaillir. Hélas! la journée du héros parut aussi celle de l'assassin.
Un ciime toujoms commande un au-