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(Ire. Plus des paroles d'amitié se pressaient sur ses lèvres, plus des pensées de haine se succédaient dans son coeur. Jaloux et perfide, il ne pardonnait ni la supériorité ni la puissance. Humilier la grandeur et relever la bassesse, fut constamment son système. Ambitieux, parjure et sanguinaire, il se jouait de tous les nobles sentimens, et ne croyait qu'à la perversité; superstitieux sans piété, il ne fut ni fils , ni père , ni époux , ni ami; et cependant il obtint le surnom de Restaurateur de la Monarchie. Serait-il donc vrai de dire qu'on peut avoir toutes les grandes qualités d'un roi, sans avoir aucune des vertus d'un chrétien!
Le jeune compagnon de Louis, Charles, au contraire, né généreux et sincère, ne laissait que trop lire au fond de son àme : il était enthousiaste et magnanime; mais se livrant sans réserve à la violence de ses passions, il annonçait,
dès son aurore, le guerrier fougueux, le prince indomptable que l'histoire devait surnoinmei- le Hardi, le Terrible , et le Téméraire.
Bientôt la mort de Charles YII appelle au trône le dauphin : et déjà la guerre est déclarée entre la France et la Bourgogne. Suivi du comte de Saint-Maur , Chaînes marche à la tête des armées de son père , remporte une victoire célèbre à Montlhéry^, est sin- le point de faire Louis XI prisonnier , et déjà assiège Paris.
Le roi entame des négociations : le fameux traité de Conflans est signé par les deux princes, et le héros vainqueur est retourné dans ses Etats.
Phihppe-le-Bon cessa de vivre. Charles , devenu duc de Bourgogne , s' abandonnant à l'impétuosité de son caractère , et se liant à sa brillante valeur, ne mit plus alors de bornes à son ambition.JLevantd'innoinbrablesimpôtspour
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subvenir aux dépenses des armées qu'il mettait siu' pied , semblable au roi d'Epire , il eut voulu subjuguer l'univers avant de se pennettre le repos. 11 avait réuni plusieurs Etats à la Bourgogne, il voulut y joindre la Lorraine. Ambitionnant l'Alsace , et comptant s'emparer de la Suisse, U se proposait d'étendi^e sa domination jusqu'en Allemagne , et de fonder un royaume de Belgique dont il forcerait l'empereur Maximilien luimême à mettre la couronne sur sa tête. Chargé de lichesses, coml^lé d'honneurs , époux de la sœur du baron d'Herstall, et père d'Elodie, le comte de Saint-Maur n'avait jamais quitté son prince : aimé du peuple et de l'armée , jouissant à la cour de la plus haute considération, il osa s'opposer aux belliqueux projets de son souverain. ln({uiet de l'agrandissement de la Bourgogne , Louis XI, par ses émissaires , avait déjà semé lu division dans les troupes de
Charles , et l'esprit de révolte dans ses provinces. Le comte de Saint - Maiir crut pouvoir se permettre auprès d'un héros , son ancien élève , quelques représentations sévères. 11 lui fit envisager le danger de ses entreprises, et prédit les revers au conquérant : — « Mon prince, » dit le comte en achevant son discours, y> appelé depuis long-temps à l'honneur » de commander vos armées, j'ai sou- )) vent obtenu votre confiance ; j'aitou- » jours mérité votre estime. Si mes con- » seils aujoiuul'hui ont pu vous ofTenser, » pennettez - moi de me retirer de la )) cour, je ne saurais rester où je ne puis y) être utile. » — (( 11 suffit, répond brus- » quement le duc, retirez-vous. »
Dévoué à son jeune souverain , le comte de Saint-Maur affligé, s'éloigne en soupirant. 11 traverse lentement la galerie royale. Charles le suivait des yeux : alors, joignant à d'héroïques ver-