‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 171 sur 205 · LIVRE xr, i · texte numérisé non relu

LIVRE xr, i

» Puis-je l'ignorer! tu cherches à sé- » duire Elodie : Ijarbare ! entre elle et )) toi s'élèvent la tombe glacée cl'lréna )) et l'ombre sanglante de Saint-Maur. » — c( Herstall! m'écriai-je, épargne-moi ! » qiie la pitié.... » Mais la fureur étincelle en ses regards , il m'inleiTorapt.

)) — J'entends la voix de tes victimes.... )) Elles me crient : Venge-nousl Homme )) de sang ! que me font tes remords ! » point de pitié poiu- toi ! puissent les » malédictions du Ciel , semblables aux » miennes, te suivre jusqu'à ta dernière )) heure ! et puissent les horreurs de ta )) mort égaler les crimes de ta vie ! »

)) Herstall a fui : je restai anéanti comme frappé de la foudre. Les dernières paroles du vieillard retentissaient à mon oreille commeles condamnations du Dieu vengeur. De ce moment je me en is perdu sans ressource, réprouvé poui jamais; et de mon glaive j'eusse tranché ma \ie si mon bras ne fût demeuré privé de

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toute force, mon âme de toute volonté, mes membres de tout mouvement.

))Dans cet eflTroyable état, l'anticipation de l'enfer, je passai une semaine entière. Tout à coup j'appris la mort d'Herstall, et je tremblai qu'Elodie ne me soupçonnât d'avoir attenté à sa vie. Je pénétrai dans le parc du monastère... Etrange destinée ! Ce fut au tombeau du vieillard qui m'avait maudit que vint lirillcr à mes regards le premier jour de l'espérance. Je connus que j'étais aimé.

)) Mais qu'il fut rapide , cet éclair de bonlieur! ... Je sentis l'iiorreur de ma position , et l'affreux destin que je préparais à l'innocence. La malédiction d'Herstall revint à ma pensée. Entre l'amour et le dev oir le combat fut terrible, mais les sentimens généreux l'emportèrent. Je vous dis un dernier adieu, et courus loin du mont Sauvage cher-

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