LIVRE XI. l6l
)) je te le jure, jamais je ne trahirai tes )) secrets : poiu' toujours je vais fuii' Elo-
)) tlie Je te sacrifie l'amour 5 l'hymen,
)) le repos , le bonheur et la vie. ))
)) De mes bras il s'échappe à ces mots, et je ne revis plus l'infortuné qu'au pic Terrible oii je sauvai ses jours.
)) Le comte de Norindall fut fidèle à ses sermens; mais un remords de plus déchirait mon âme. Je me sentais indigne d'élre l'époux d'Elodie, et je venais de rompre un hymen qui sans doute eût fait son bonheur; le jeune, le caillant, le vertueux Ecbert méritait seul la vierge d'Lnderlach.
)) J'étais seul, retiré dans mon ermitage; soudain la porte s'ouvre, et j'aperçois Herstall. — ccY ous ici ! m'écriai-je. . .» Un rayon de lumière en ce moment éclaire mes traits. Le vieillard pousse un cri d'horreur : il a reconnu Charles-le- Téméraire.
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l62 LE SOLITAIRE.
)) Je me jette à ses genoux. « — Hers- )) tall !... pardonne au malheur, au re- » pentir , au désespoir; ou prends ce )) fer , et venge-toi ! » Herstall me repousse avec indignation. — « INIeiu trier )) de mon frère! s'écrie le vieillard avec y> force , assassin de mon Iréna ! bour- » reau de toute ma famille ! qui , moi , te » pardonner ! . . . jamais ! ))
y> 11 dit , et tombe éperdu sur un des bancs de la cabane, — <c Homme inexo- » rable ! ai-je repris d'une voix tremy) blante en étendant vers lui mes mains y) suppliantes ; peux - tu reconnaître )) Cliarles-le-Téméraire , le féroce , l'oi*- » gueilleux , l'inflexible Bourguignon, )> en ce proscrit infortuné qui , pros- )) terne devant toi , embrasse tes ge- » noux ! y)
— «Monstre! retire-toi! dit Herstall 7> avec véhémence et se levant préciy) pitamment ; tu parles de remords , y) et tu médites de nouveaux crimes.