LIVRE XIT
expliquer la raison ; mais à l'autel de l'Iiyménée, tremblant comme au pied d'un tribunal vengeur, il cberclie en vain le Dieu clément , il ne voit que le Dieu terrible.
Le pasteur d'Underlacli s'approche des amans, et d'un ton solennel demande à l'e'poux futur quels noms et quels titres il porte parmi les hommes. Le Solitaire a tressailU comme si la question Tétonnait, comme s'il ne devait point y répondre... Il hésite, et d'une voix mal assurée prononce enfin ces mots : — « Charles de » Bourgogne, n
Jusqu'à l'autel, Anselme recule épouvanté ; ses cheveux se dressent sur sa tête ; ses genoux tremblent sous lui; de ses mains il couvre ses yeux; il jette un cri d'horreur.... et le plus efh'oyable silence succède à ce cri d'alarme qui, répété par l'écho des arcades anti(|ues, va se perdre sous les voûtes ténébreuses.
igO LE SOLITAIRE.
comme le canon de détresse des naufragés sous l'épaisse nuée de la tempête.
Soudain comme inspiré, levant ses regards prop!iéli([ues vers la voûte du temple, Anselme, hors de lui -môme, revient précipitamment à Charles. Une flamme incomiue jailUt de ses yeux menacans. Descendu du mont wSinaï, tel devant les Juifs idolâtres parut Moïse courroucé, biisant les i'ables de la loi.
Le front d'Anselme jette un éclat foudroyant. Le roulement du tonnerre semble accompagner sa voix. Du milieu des éclairs paraît s'avancer l'homme des vengeances célestes : — « Charles -le- » Téméraire!.... s'écrie -t- il : fléau des )) nations ! quelle puissance a donc pu )) te retirer de la tombe!.... Meurtrier )) de Saint-Maur! à l'autel du Seigneur, » oses-tu présenter ta main sanglante à la )) fille de ta victime !.... Infâme séduc- )) teuri vois le spectre égaré d'iréna » s'avancer, et jeter à tes pieds le corps