‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 189 sur 205 · LIVRE Xlï · texte numérisé non relu

LIVRE Xlï

Il vigilance d'Ecbert est devenu son seul désir, sa seule pensée. Quelque bruit s'est fait entendre au bas du sentier montant à l'ermitage. — « On vient ! s'écrie » Charles. » Le comte de IVorindall s'élance avec précipitation, descend la montagne....; vaine recherche! inutile attente!.... Ecbert désespéré retourne à la cabane Le prince a disparu.

Déjà le duc de Bourgogne est au-delà du torrent; il a traversé la vallée : la porte du parc de l'abbaye est ouverte;

il s'est enfoncé dans les jardins Mais

comment s'introduire auprès d'Elodie?

tout dort au prieuré. Vers le passage souterrain qui communique à la chapelle il a dirigé ses pas. Sous lesmursdumonastère, s'il ne peut arriver jusqu'à l'orpheline, du moins il rencontrera quelque serviteur qui pourra l'instruire de son sort.

Devant le bosquet où repose la dépouille mortelle d'Herstall , Charles s'iu>

rête : c'est là qiie poiir la première fois il apprit qu'il était aimé. En passant il \eut saluer le bocage de l'amour et de la mort : il s'avance, il écarte le feuillage : en croira -t-il ses yeux!... Blanche comme le flocon de neige suspendu au sapin des Alpes , coiu'bée comme le rameau pleurem' du saule des fontaines , une ombre pâle et plaintive s'appuie languissamment , contre la croix funéraire. Le coeur palpitant de crainte et d'espérance , Charles approche ;la vierge du bosquet solitaire lève son front décoloré, l'aperçoit. — « Charles ! s'est-elle écriée....» Elle veut s'élancer vers lui; mais, sur le tertre funéraire, sans force, elle tombe à ses pieds.

— (( Elodie ! s'écrie le prince éperdu, )) en relevant l'infortunée, vous ici !... » Grand Dieu , que ses traits sont flétiis par les soulîrances ! et pourtant qu'elle est belle encore ! — (( Ils veillaient au- » tour de moi , répond l'urpheline avec

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