LIVRE lî
y> est ce fantôme? » — « Si vous aviez » parcouru la Suisse , répond Anselme , ); vous ne m'interrogeriez point sur les » superstitions qui vous étonnent. Clia- » que village de nos montagnes a sa )) merveille. Ici, c'est un fantôme qui se )) montre vêtu d'un robe écarlate ; à )) Yalengin, c'est une fontaine d'où jaillit » un serpent de feu; à Bevaix, c'est un )) vieux saule qui rend des oracles ; à )) A errières, c'est une tour isole'e qui )) marche par intervalles ; à Merligen , )) c'est une noire citerne qu'habite une ï) blanche fée; à Grindelwald, c'est une )) colonne qui, pendant quelques minii- )) tes , se change en cascade lorsqu'une » vierge du canton meurt au sixième » jour de la lune. Enfin , au siècle où )) nous vivons, il n'est pas un hameau de » l'Helvélie qui n'ait son apparition et ses )) enchanteurs.
)) L'homme, esquisse imparfaite, image » effacée de la Divinité, piimitivement
)) fail pour un séjour merveilleux , mais » jelé depuis sa ciiute sur une terre d'exil » et de passage, semble y conserver l'i- )) dée confuse de sa destination pre- )) mi ère : il porte en lui le besoin vague » et mystérieux des choses surnaturel- )) les. Créé pour des demeures immor- » telles , inquiet de cette vie , et comme )) déplacé dans ce monde, il se montre y) avide de tout ce qui l'arrache à sa tiiste )) réahté.Anticipantles prodiges d'une au- » tre existence , il soupire constamment » après quelque merveille sur ce globe )) où la première est lui-même, où la plus » étonnante est sa pensée.
» Aucun montagnard n'a vu le farir » tome sanglant , mais de vieilles tradiy) tionsen ont consacré l'apparition; dey) puis des siècles les pères en ont effrayé )) leurs enfans qui croiraient se rendre » coupables d'une sorte d'impiété, s'ils ne )) les transmettaient pas à leurs descen- )) dans comme ils les ont reçues de leiu'&