‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 201 sur 205 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

«esbrasautour Jelajeune vierge, comme s'il craignait de la blesser, comme s'il redoutait de l'éveiller; puis de la chapelle il s'élance à pas pressés j et tel qu'Alcide arrachant Alceste des sombres bords, plus prompt que l'éclair orageux , il a fui vers le mont Sauvage.

Déjà le prince a franchi le pont du torrent. Aux pales rayons de la nuit, il a reconnu l'arbre où la fille du monastère, sur son harmonieuse lyre , chantale printemps et la nature.... Hélas ! il n'est plus de printemps , il n'est plus de nature, il n'est plus d'harmonieuse lyre pour le pioscrit de l'univers.

Le vent nocturne agite les ai'brisseaux delà foret. Dieupuissant! pour({uoi Charles s'est-il brusquement arrêté?... pourquoi ses forces lui manquent-elles?....

pourquoi cet épouvantable tressaillement?.. Ah ! la bnse a poussé contre son visage les blonds cheveux épars de l'orpliehne; leurs aimeaux flottans onttou- T. 11. 4* édit 20

elle les lèvres du prince... ce sont les mêmes boucles sur lesquelles , ivre de joie et d'espérance , il déposa le premier baiser de l'amour. Alors la vierge d'Underlach était de même entre ses bras ; mais alors il sentait battre son cœur auprès du sien , alors elle était à lui , elle vivait, elle aimait....

Charles ne peut continuer sa marche. . . presque à la porte de l'ermitage , toutes les facultés de son être l'ont à la fois abandonné ; son immobilité soudaine est comme une interruption d'existence.

Que fixent ses regards?... Hélas! les mêmes arbres à l'ombre desquels, peu de jours auparavant , l'orpheline , appuyée sm' lui , l'entretenait de son amour.

Au pied d'un chêne antique il a déposé son amante : il est à genoux auprès d'elle; il ne prononce pas ini mot, il ne verse pas une larme. Sur les traits d'Elodie il a rejeté ses longs voiles ; alors seulement on eût dit qu'elle venait de disparaître

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