LIVRE XII
» chercha l'ermitage... Eh bien, tes der- 7) niers voeux seront rempUs : la cabane » (le l'exilé recevra ta dépouille mor- ); telle... Là tu dormiras d'un plus doux S) sommeil; là je veillerai près de ta sépul- » ture ; là s'étendront sûr ton cercueil » les dernières flammes de l'amour. Ce » matin mes bras n'ont pu , vers la )) montagne , te transporter heureuse » et pleine encore de vie j ils t'v por- » teront inanimée. C'est Charles qui te )) rendra les derniers devoirs , et ton ï) sépulcre qui recevra ses derniers sou- )) pii's. ))
11 monte à l'estrade ; il s'approche du lit funèbre ; il écai'te les voiles blancs qui couvrent le front de l'orpheUne , et lui tendant les bras : — « Viens , s'écrie- » t-il avec l'accent de l'amour et du dé- » hre , viens sur le cœur de ton époux ; )) ne fut-ce pas ton dernier élan!... Elo- » die ! je t'entends encore; oui, tura'ap- » pelles , tu me cries : J'ai besoin de re^
y) pirer ton soujjle ; j'ai besoin de toute y> ta vie. ))
Charles , les bras étendus vers elle , s'interrompt.... comme si l'excès de l'amour et de la douleur lui devait un miracle ; comme si l'orpheline, à ses cris passionnés , allait se lever de la tombe et se précipiter sur son coeur. Dieu! qu'elle était belle encore ! Couronnée de roses blanches , vierge paisible , elle semblait sourire à la mort. Aussi blanches que le transparent albâtre , ses longues paupières baissées étaient comme fermées par un doux sommeil; ses mains glacées tenaient un bouquet de lis qu'elle paraissait presser contre son sein. A la sérénité de ses traits, l'on eût dit qu'un songe f'oi'timé l'environnait d'encliantemens ; et le Ciel semblait n'avoir enlevé à la terre , que pour quelques instans seulement , le chef-d'oeuvre de la nature.
Charles s'est penché soudain vers la couche mortuaii'e. Doucement il a passé