LIVRE r
Le noble p;iierrier s'était retiré Je la cour : au fond de sa retraite une lettre lui est adressée ; une main inconnue a tracé ces lignes : — «: Herstall, la malheureuse )) et repentante Iréna , de son lit de mort , )) élève sa voix vers son père. Elle t'ap- » pelle : hâte-toi de te rendre à sa prière, » si tu veux recevoir les derniers sou- » pirs de la victime du perfide Charles, y) Herstall connaît enfin la demeure d'Iréna : il vole vers le vieux manoir, oii seule et abandonnée elle expie ses égaremens. Il arrive, il aperçoit les tours de l'édifice féodal : il est au milieu de l'avenue... Les grilles du château s'ouvrent tout à coup; un char funéraire sort de ses vastes cours, des chants sacrés font retentir les airs... Herstall ne devait point revoir sa fille infortunée. Iréna était devenue mère ; son enfant, né dans les larmes , n'avait fait qu'entrouvrir etrefermer les yeux. Lamémc tombe ensevelit les dcLLX victimes.
Heritall suivit le convoi fiinèhre. Il fit élever à sa fille un magnifique mausolée. Il fonda plusieurs hospices en son nom, distnbua l'héritage entier d'Iréna aux malheureux de la province; et désirant terminer sa carrière loin des humains, pour pleurer en paix ses malheurs , il vint cacher son existence dans les sohtudes de la Suisse.
Cependant l'apparition de l'hirondelle sous les vieilles arcades du monastère annonçait aux montagnards le retour de la saison des Heurs. Placée au milieu des rochers sauvages de l'Helvétie, comme l'oasis dans le désert, déjà la Tallée d'Underlach exhalait de ses rians bocages et de ses prairies émaillées les tendres soupirs du printemps , les divins parfums de la natiu^e. Des tourelles de l'abbaye, en un lointain bleuâtre, on apercevait les Alpes, dont les cimes, couvertesde neige , s'élevaient en pyx'a~