LIVRE V. i
y) vous ! n'avancez pas : la mort est là. » — u Que m'importe la mort! Herstall, » accablé par les années , a pu tomber » épuisé de l'utigueau milieu des rochers y) et de la Ibrèt. Peut-être en ce moment » il a besoin de secours , peut - êire il » m'appelle.... ]Non, nulle puissance liu- » maine ne saurait m'arréter : » — «A' eus » périiez tous deux. )) — ((J'aurai rempli » mon devoir, »
En achevant ces mots, la vierge d'Und^rlach s'enfonce dans la forêt : la mère Ursule s'élance, saisitsa blanche tunique, et mourante se jette à ses pieds.— (die- » tournez au monastère, dit la jeune » fille attendrie , je vous le permets. J'i- )) rai seule... m.ds laissez-moi. )) — (( Moi, )) vous abandonner ! jamais. Entendez-
y> vous gronder l'orage? le Ciel lui-
)) même s'oppose à vos desseins , qu'o- » sez - vous entreprendre? Dieu juste!
)) Dieu vengeur ! l'oudroyez l'infernale )) montagne! » — « Ketii'ezvous! s'écrie
l60 LE SOLITAIRE.
» Eloclie avec l'accent de la colère et du )) désespoir : laissez-moi. »
Un ouragan forieux s'élève : les roulemens prolongés du tonnerre ébranlent la forêt ; entre les noirs sapins les vents mugissent déchaînés. La tempête afondu sur les hauteurs de la vallée.... La mère Ursule est presque inanimée aux pieds d'Elodie. — a Céleste appui de l'inno- )) cencc ! s'est écriée l'orphehne , secou- » rez-moi. »
Le voile qui couvrait sa tête est enlevé parla tourmente : de ses longs cheveux les boucles éparses flottent en désord]'e sur son front et sur ses épaules. La pluie tombe avec violence : une nuit épaisse couvre la forêt, qu'éclairent par intervalles les rougeAtres feux de l'orage. Relevant la mère Ursule, Elodie, vers un chêne voisin ,1a traîne avec effort, et soutient ses membres glacés; puis, debout contre l'arbre protecteur, alors pale et résignée, la douce vierge de l'abbaye 5,