LIVRE Vf. i8a
Une : et clans ce mot de tendresse et de desespoir, son cœurs'est ouvert tout entier. — « Regarde autour de toi , conti- » nue-t-il avec égarement, ces gazons » fleuris recèlent la mort ; ce bocage » riant est une tombe : infortunée ! mes )) destins ressemblent à ces gazons trom- » peurs, et mon amour à ce bocage fu- » nèbre. Fille adorée! laisse-moite fuir: )) que sur une mer de soufli^ances et de n désespoir , j'erre à la merci des flots , )) poursuivi par la tempête, et sillonné )) par la foudre, c'est l'arrêt du Ciel; je » subis ma destinée : mais que seul du )) moins le naufragé roule au fond des
» abîmes ! 11 en est temps encore
» Sauve-toi.
» Mon délire t'épouvante, ajoute-t-il, )> Elodic, ne cberciie point à compren- » dre riiomme de la fatalité , contenle- )) toi de le repousser. Ange de la terre! )) à l'imitation des esprits du Ciel , ferme- » moi l'entrée de ta demeure. '»
T. 1. 4^ cdit. iC>
La vierge d'Underlach sent ses genoux fléchir sous elle ; glacée de terreur : — )) Levez-vous , cruel ! lui dit-elle. Hélas! )) que puis-je vous répondre ! vous avez » déchiré mon âme. ».
Le Solitaire la voit chanceler : il veut la soutenir ; il passe son bras autour de sa taille ; et la jeune fille , un instant comme privée de l'usage de ses sens , a doucement laissé tomber sa tête sur son sein : ainsi la blanche fleur du lierre s'attache à l'ormeau du vallon. La lueur virginale de l'astre des amours écliiirait son visage céleste. Ses longues paupières à demi fermées voilaient son regard enchanteur. Au bord du fatal précipice , moins belle parut Psyché , lorsque Zéphyr l'enlevait évanouie.
L'inconnu du désert la contemple en silence j un feu brûlant coule dans ses veines.... Tout à coup, de l'accent le plus passionné : — (cElodie, s'écrie-t-il, est-il » bien vrai ! Elodie , m'aimes-tu?... »