LIVRE VI. l
Il allait s'éloigner. — « Me parflonnez- » vous (l'injurieux soupçons? Jil timi- )) dément l'orplieline. » — a Les appa- )) renées m'accusaient, répond-il, et )) vous pouviez me croire coupable.
)) D'ailleurs, tombé depuis long-temps )) sous le poids des condamnations hu- » maines, je ne m'étonne plus des injus- )) tires. )) — « Vous me quittez ? dit Elo- )) die, le voyant sortir du bosquet. » — y) Peut-être pour toujours. »
A cette réponse, la vierge d'Underlacli a fait ini mouvement involontaire vers lui pour l'arrêter; et la douleur s'est peinte sur son charmant visage. — « Eh :» (juoi! reprend le SoHtaire, vous m'ho- » 'ioreriez d'un regret! » — « INe futes- )) vous pas mon libérateur? répond la )) jeune fille vivement agitée. »
En prononçant ce seul mot « mon libérateur », sa voix touchante exprimait pins que la reconnaissance. Le chasseur de la montagne n'est plus le maître des
l84 LE SOLITAtRE.
sentimens qui l'oppressent. — « Ange » (lu monastère ! s'écrie-t-il , ne me re- )) tenez point , a^ous vous perdez ! »
Et l'homme incomprehensilile semble la repousser.
La fille de Saint-Maur recule effrayée.
Son cœur s'est douloureusement resserré. De sinistres pensées reviennent en foule la poursuivre. jAuprès de la croix funèbre, elle se réfugie comme sous une arche de salut; et ses pleurs coulent en abondance.
Attendri , hors de lui-même , le chasseur de la montagne oublie toutes ses résolutions : il tombe à ses genoux. — ce Tu l'as voulu : tu m'arraches l'aveu » fatal.... Eh bien ! oui, je t'aime ! Toi )) seule , comme une aurore céleste ap- )) parue au milieu des ténèbres, es venue )) me rappeler à la vie. Maintenant , ici- » bas , il n'est plus pour moi qu'Elodie , )) et cette Eiodie ne pouiTa jamais être à » moi. )) — ' c( Jamais î )) répète l'orphe-