LIVRE vr, igi
y> rait qu'en sortant des autels que vous )) auriez le droit de disposer de moi. )) — (( 11 est des autels au désert, s'écrie » le Solitaire avec ^exaltation la plus y) passionnée; partout l'Eternel reçoit les )) sermens de l'iiomme ; partout s'allu- )) ment les flambeaux d'amoiu' et d'iiy- )) menée. Ose te confier à moi , tendre )) fleur de la vallée! je jure de ne point )) souiller ton éclat virginal. Un niijiistre )) des cieux unira nos destins. A'^iens ! )) ton époux sera digne de toi ; ta couche )) nuptiale sera pure. O mon Elodie!
» consens à me suivre. Mon amour pour )) toi m'a rendu les premiers guides de )) mon printemps, les premiers senti- )) mens de ma vie, Tlionneur, la loyauté, » l'enthousiasme et la vertu. »
— « Non, répète Elodie d'une voix )) suppliante , et résistant à ses efforts ; » non, je ne dois point vous suivre : lais- )) sez-moi! »
A ce cri touchant de l'innocence , le
Solitaire s'arrête. Ainsi qu'un rapide éclair, le moment d'enthousiasme a passé : comme une vapeur aérienne, les tableauxenchantés disparaissent. Au songe divin succède un aflreux réveil : de funestes souvenirs l'arrachent aux illusions 3 de soudaines pensées le rappellent à lui-même. L'homme inexplicahh a laissé retomber la main de l'orphehne — (( Pardonnez , lui dit-il, un instant de )) délire.... Yous! m'aimer! qu'osais-je )) espérer! Yous! me suivre au rocher )) désert! étais-je digne d'un tel sacri- » fîce ! Non, mes vœux insensés n'ont )) pu qu'outrager le ciel et la terre.... Je » sais me rendre justice.... Yous êtes )) libre. »
Que son accent est changé! Jamais le regret, la douleur, le repentii^, le désespoir n'en exhalèrent de plus déchirant. L'orpheline est libre; et cependant l'oiphehnc immobile reste à ses côtés comme enchaînée. — - ce Retournez au