LIVRE VII
Le pavillon dominait les prairies d'Uiiderlacli. De loin Marceline a vu la fille de Saint-Mail r; elle accourt à grands pas vers elle ; la porte du parc est ouverte ; et Marceline est près d'Elodie.
— c( Enfin, je vous revois ! s'écrie » avec cntliousiasme la sibylle du hay) meaii : {|ue d'ëvènemens se sont passés )) depuis peu de jours dans notre can- » ton solitaire ! Une voix prophétique » s'est élevée du Cédron de notre val- » lée ; le monastère était jadis notre » Sion ; le crime est aujourd'hui dans le y) sanctuaire ; mallieur au temple ! »
— (c Que voulez -vous dire? ô ciel!
» dit la jeune fille effrayée . »
— c< Blanche colombe, au-dessus de y) votre tête plane l'oiseau de proie ; il » ouvre ses serres sanglantes.... Fuyez, yy s'il en est temps encore !» — « Eu » quels lieux?... )) — « Sur la montagne : » il n'est pas une de nos cabanes qui ne » vous y oUre un refuge assuié. » —
202 LE SOLITAlflE.
« Qui m'y protégera ?» — « Le Ciel : il )) ne nous reste plus que ce secours.
y) L'astre de nos vallons a disparu sous » les nuages ; ici plus de port pour les » naufrages; plus de Gédëon pour fou- )) dioyer les Philistins. » — « Le Soliy> taire a donc quitté la contrée ?» — « Depuis le jour où fut sauvé Conrad.
» Fille de Saint-Maur, une vaste conspi- )) ration se trame en ces lieux. Les an- » très de la forêt retentissent d'accens )) rebelles. J'ai épié , j'ai écouté, j'ai en- » tendu; des montii^nards abusés volent » aux armes; la Lorraine est menacée; » la France soudoie les révoltés; le prince » de Palzo est un traîtie, et la vallée
» d'Underlacli un repaii^e Mais on
» pourrait nous observer, je vouslaisse... » Oh ! ne vous endormez point au boi d » des précipices ! »
ris D,U TOME PRE.-VUEn.
LE
On trouvé aussi chez M. BÉCHET aîné, la Carolèide^ deM.le vicomte 2' Arlixcourt, dont il ne reste plus que fort peu cVcseiKplaii'es. (Deuxième édition, ornés de deux belles Gravures d'après les dessins d'iloRACE A'^ernet. Prix , 10 fraucs. )
DE L'IMPRIMERIE DE IIL ZARD-COL RCIER,