SCENE XVII
ARMAND, Mad. DE VERSAC , sortant du bureau à gauche.
Mad. DE VERSAC.
Concevez-vous notre malheur! .. le ministre qui ne peut pas nous recevoir aujourd'hui. Il n'a accordé d'audiences particulières qu'à deux ou trois personnes dont je viens de voir les noms inscrits... Un général , une duchesse et un M. de la RibàrfUJ^, que je ne connais point.
ARMAND
"Notre chef de division est désolé de ce contre-tems.
Wad. DE VERSAC.
Et moi ! j'en suis dune humeur... Malheur aux personnes qui me feront la cour aujourd'hui.
ARMAND
Je vois qu'il ne faudrait pas vous demander d'audience particulière.
Mad. DE VERSAC.
Non , certainement. , . Le ministre a des caprices 7 tout
le monde s'en ressentira. Comment !... pas d'audience avant huit jours !
ARMAND
Il faut espérer qu'une autre fois...
Riad. DE VERSAC.
Et si un autre vous prévient... s'il obtient la place malgré vos droits... Vous voyez bien que si Ton accuse les grands d'injustice, on n'a pas toujours tort.
ARMAND
On ne peut cependant pas répondre à tout le monde.
Mad. DE VERSAC.
Si Monsieur!. . . et si jamais je suis ministre, on verra.
ARMAND
Cest différent. Je vous trouve déjà un air ministériel tout-a fait imposant ; et , dans le cas de votre nomination, je vous prie de ne point oublier ma pétition.
Mad. DE VARSAC.
La voilà, cette maudite pétition que je n'ai pu présenter.... mais je pense maintenant a cet original qui voulait à toute force m'offrir son bras... Je commence à le plaindre, depuis que je sais combien il est désagréable de rester à la porte.
ARMAND
Lui ?. . . il n'y restera pas; il finira par entrer. . . Il y réussira peut-être plutôt que vous.