SCENE X
LESPÉRANCE , GEORGES , sortant du bureau.
LESPÉRANCE.
Si je pouvais me le gagner par quelques familiarités.
S Voyant que Georges prend du tabac, il s’avance derrière ui et prend une prise dans sa tabatière. )
Georges , se retournant.
Eh !f c’est M. Lespérance !
LESPÉRAANCE.
Moi-même , mon cher Georges. ( Le regardant. ) Hem 1 quelle santé ils ont dans ces bureaux ; se porte-t-on comme ça?
GEORGES
Parbleu ! je parlais de vous tout à l’heure à une daine. LESPERANCE.
Vo^ez-vous ce brave Georges.... Je te dirai quelque chose, tout à l’heure ; pour le moment j’ai une affaire indispensable qui me force à entrer là-dedans.
GEORGES
Non , ça ne se peut pas.
Comment! tu crois qu'il n'est pas possible?...
GEORGES
Non... à moins qu’un de res Messieurs ne vous fasse entrer; moi, je ne puis prendre sur moi.... {Lespérance regarde toujours la porte sans écouter Georges. ) Pour en revenir à celte dame, elle voulait vous faire avoirl’entrepût de tabac de .Saint- Malo.
lespérance , vivement.
Hein!... qu’est-ce que c’est?... de Saint-Malo.... celui que je sollicite ?
GEORGES
Et même elle vous offre sa main.
LESpàlANCE.
Ah, bien! par exemple, c’est dans ces momens-là qu'on apprécie vivement l'avantage d’être célibataire.
GEORGES
Si vous consentez à l’épouser, vous n’uvez qu’à parler. LESPÉRANCE.
Il n’y a pas de doute, et dès qu’elle a l'entrepôt.
GEORGES
Je ne disjjus cela.... Je dis qu’elle est sûre de l’avoir dès qu’elle vous aura.
LESPÉRANCE.
Non , non, nous ne nous entendons plus.
GEORGES
Songez donc qu'il lui faudrait un mari pour avoir l'entrepôt.
LESPERANCE.
Au contraire, il faut qu’elle ait l’entrepôt pour avoir le mari. Diable! ne confondons pas; rien d’obtenu, rien de fait... Dislui qu’elle sollicite toujours.... si elle est nommée , on verra.... mais en attendant, je vais tâcher de.... Eh ! mais, voilà justement quelqu’un qui sort; c’est aujourd’hui jour de paiement, et j’ai remarqué que ces jours-là on est mieux disposé. Ç Montrant Armand qui arrive. ) 11 fait sans doute partie des bureaux ?
GEORGES