‹ Le sommeil magnétique expliqué par le somnambule Alexis [pseud.] en état de lucidité: précédé dChapitre 1 sur 3 · PUBLIC LIBRARY · texte numérisé non relu

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HmOtt, LCNOX AN« 1t.DEN POWDATIONt.

LE

Je suis rempli de crainte et de respect pour ces êtres frôles et nerveux qui vivent d'électricité et semblent lire dans les mystères du monde surnaturel.

Georges Sand.

Lorsque le ciel de la pensée humaine est obscurci par le sombre nuage du matérialisme, et que, semblable à un phare battu et aveuglé par la tempête, la lampe du sanctuaire philosophique ne verse plus dans les consciences troublées qu'une fugitive lueur impuissante à éclairer les écueils où la société menace de s'abim^r tout entière, ils sont bénis les pieds de Thomme qui, portant en ses mains le flambeau magique de la

vérité, en jette les vives lumières sur les mystérieux ressorts de l'organisme humain. Aussi, le cœur ouvert sur Finfini, nous avons acclamé avec enthousiasme le somnambule Alexis, dont nous avons si souvent entretenu nos lecteurs, comme étant une manifestation évidente, une révélation visible de l'existence, dans chaque homme, d'un ange intérieur nommé âme.

Pour les hommes de notre génération, il y a un nom qui résume, pour ainsi dire, tous les miracles du somnambulisme lucide. Ce nom est celui d'Alexis. Il est pour nous hors de doute que c'est une renommée qui îra,toujours en grandissant et prendra des proportions d'un fantastique fabuleux, le jour (que nous désirons bien éloigné encorej où sa gloire aura reçu une sanction solennelle par sa mort. Jésus-Christ était parfaitement dans la vérité lorsqu'il proclamait de sa voix divine, cette sentence qui est restée un proverbe : Nul n'est prophète en son pays. En conformité d'idées et en fraternité d'âme avec lui, nous ajou-

tons : Nul n'est prophète en son temps. Et, Thîstoire en main, il nous serait facife de conflrmer cette proposition en démontrant que les hommes au cœur aveugle ont toujours raillé les prédictions du génie prophétique retentissant fatidiquement à leurs oreilles incrédules ; en un mot, que la destinée de Thomme supérieur à son siècle est d'être perpétuellement contesté; ilfautqueTange de la mort l'ait renversé, pour que la Gloire, appliquant sur sa bouche décolorée un baiser de ses lèvres rouges de vie, mette à son front pâli l'auréole brillante d'une renommée posthume.

Personne n'a contesté jamais l'existence des phénomènes merveilleux opérés par le somnambule Alexis. Seulement, on les a dénaturés et on leur a enlevé leur haute portée philosophique, par les ridicules explications qu'en ont donné les adversaires intéressés du magnétisme.

Nous allons combattre les objections faites à sa lucidité par les savants qui, dans l'inûrmité de leur raison étroite, refusant toujours d'admet-

tre queuiuelques signes faits devant le front d'un jeune homme, suffisent pour lui inspirer une science universelle qui surpasse et éteigne leur instruction péniblement acquise, comme le soleil au matin dissipe la clarté des étoiles, traitent ces phénomènes d'hallucinations imaginaires. 11 est certain que dans les séances de somnambulisme où, devant une foule d'une crédulité idiote, l'on envoie un sujet qui ne peut pas voir ce qui se passe dans la pièce à côté, dans la lune, où il aperçoit assez distinctement les habitants pour décrire leur costume, leurs traits, leurs mœurs et leurs cabanes, il y a hallucination ou mystification. Nous accordons même que les guérisons des maladies prouvent très-peu, car souvent la santé se rallume au flambeau de l'imagination ; mais quand Alexis lira couramment dans lin livre fermé et non coupé, à la page qu'on lui indiquera, ou dans le portefeuille qu'on lui présentera, nous ne croyons pas assez à la mauvaise foi ou à la débilité intellectuelle des adversaires delà lucidité,

pour admettre qu'un seul persiste à expliquer un fait aussi précis par l'imagination du somnambule et l'hallucination des spectateurs, ce qui équivaudrait à lancer à la face de tous l'accusa^ tion de folie.

Les esprits superficiels traitent ces phénomènes de jonglerie et de charlatanisme. Il est certain que presque tous les somnambules qui exploitent à Paris la crédulité publique, sont des êtres sans éducation, qui contrefont la lucidité et, à l'aide d'un bonimentîm\ termes vagues et ambigus, épa- ;^nd' ingénue incrédulité des gobe-mouches. Mais lorsque, comme le somnambule Alexis, on apporte une effroyable précision de détails dans les descriptions, et que, comme nous, l'on possède plus de quatre cents récits d'objets perdus et retrouvés par lui ; il est difficile à ini esprit logique d'expliquer les phénomènes par le charlatanisme et ïa jonglerie. Quant à la prestidigitation, le plus grand prestidigitateur des temps modernes, Robert Houdîn, reconnaîtra que les subtilités de

la prestidigitation ne peuvent produire rien de semblable.

Les esprits abêtis par de vaines et chimériques terreurs, les imaginations égarées par une religion mal entendue, considèrent les phénomènes d'Alexis comme des opérations diaboliques. Cette opinion, très-répandue dans un public très-honorable, a été un des principaux motifs qui ont déterminé Alexis à expliquer luimême une faculté qui donnait lieu à de si étranges commentaires.

Pour nous, si nous avons avec plaisir accepté de faire l'introduction de ce livre, c'est qu'à l'exception de quelques idées que nous n'avons jamais émises, ce livre éclaire d'une vive lumière les doctrines contenues dans nos ouvrages sur la vie future.

Les esprits distingués qui ont assez étudié le somnambulisme pour croire à la réalité de ces phénomènes et à l'inconstante variabilité de leur production, trouveront un argument dans ce li-

vreoii, guidé par un, sentiment élevé que nous ne saurions assez louer, obéissant à sa conscience plutôt qu'à son intérêt, il proclame la falllibilité de ses oracles.

Ce livre a été composé dans des circonstances tout à fait exceptionnelles. Alexis étant très-souffrant, se faisait endormir pour se donner à luimême des consultations somnambuliques. C'est dans ces moments de haute lucidité qu'il a expliqué le mécanisme admirable de sa clairvoyance, le magnétiseur ayant, comme l'on peut facilement s'en convaincre en lisant ce livre, une puissante influence sur la nature des pensées de son sujet. Nous croyons utile de dire que la personne qui l'a magnétisé pour faire cet ouvrage, était une ravissante jeune femme d'un esprit gracieux et enjoué, d'une élégante distinction de manières, possédant non-seulement le goût de la science magnétique, mais douée de plus d'une rare puissance de fascination ; c'est pourquoi l'attirante magie de son regard rayonnant ayant éclairé le

somnambule de sa lumière, ce livre se ressentira de rencBanteresse qui l'a inspiré magnétiquement, et nous lui prédisons qu'il instruira en charmant.

Cet ouvrage contient un grand nombre de faits, parce que, comme Ta très -bien remarqué Broussais, rien n'est brutalement concluant comme un fait, et de plus, les faits miraculeux étant le seul moyen d'impression sur les masses, ce livre ne pourrait devenir populaire et passer à la postérité s'il les en avait bannis; car les expériences de la métaphysique se nomment miracles. Nous croyons que ce livre est un livre de vérité. Cependant, la lucidité ayant ses incertitudes, avoir la prétention qu'il est sans erreur, serait une opinion que la connaissance que nous avons du somnambulisme ne nous autorise, en aucune fa-, çon, à émettrq.

Ce volume est de plus une œuvre sérieuse et d'une très-haute importance philosophique; car en venant donner l'explication des mystères du

sommeil magnétique, il fait faire un pas immense t à une des sciences lesplus nécessaires et les plus i négligées dans ce siècle, la science de Pâme!

Vesprit qui a dicté ce livre n'est pas celui de la spéculation, sans cela, au lieu de grandir Alexis dans Festime publique, il le laisserait dans la catégorie de ces somnambules qui exploitent la crédulité publique et compromettent tous ceux qui, s'occupant de cette science, tiennent d'une main ferme et noble l'étendard du magnétisme, et pensent qu'il est indigne de la vérité de s'aflfubler des baillons dorés du charr latanisme.

f^our nous, nous avons saisi avec bonheur cette occasion de causer quelques instants cœur à cœur avec nos lecteurs bien-aimés qui, comme nous, apôtres au cœur vaillant, ont à se faire en ce siècle les propagateurs du spiritualisme visible. Ce poste, le plus avancé de la philosophie religieuse, est sans cesse attaqué ; les traits de la plus mordante ironie sifQent perpétuellement

à nos oreilles , voici bien des années qae nous y combattons, bien que notre nature de contemplatif, ivre de poésie et d'amour, préfère le sentiment à Faction; mais le grand inspiré du Christianisme, saint Paul, appelle la foi un bouclier et la grâce une armure de lumière forgés au ciel; c'est pour apprendre que la vie du chrétien est une lutte perpétuelle que la mort seule terminera et remplacera par un repos immortel au sein d'une béatitude éternelle !

Le bonheur étant la satisfaction perpétuelle du désir sans cesse renaissant de connaître, d'aimer et d'agir, ce livre ouvre devant l'intelligence des horizons inconnus ; il initie l'homme aux mystères les plus secrets de son organisme et de la vie de son âme ; il donne au cœur une consolation, en prouvant que dans l'être humain il y a autre chose que des organes de chair et de sang, qu'il y a en lui une individualité persistante et immortelle qui traverse triomphante la crise de la mort pour ressusciter dans la gloire ! ! !

Plusieurs personnes, trouvant que la sagesse de notre conduite ne correspondait pas à ce qu'elles appelaient la folie de nos écrits, ont répondu que nous n'étions pas ce que nous paraissions, que nous ne croyons pas ce que nous écrivions, qu'en un mot nous étions un esprit original promenant dans le monde l'apparence d'une folie factice ; si ces personnes s'étaient donné la peine de lire autre chose que les titres de nos livres, elles sauraient que ce qu'elles nommaient folie, par le Paganisme était appelé sagesse, et que le Christianisme lui a donné le beau nom de foi!

Le succès de nos ouvrages nous oblige en terminant à remercier les nobles âmes qui se sont faites les propagatrices de nos idées, non parce que nous les avons imprimées, mais parce qu'en les émettant nous nous sommes fait l'écho de la tradition religieuse.

Le souffle d'un spiritualisme élevé coule sous les lignes de ce livre en sève de feu, il relè-

vera, nous Fespérons, les yeux vers le ciel et démontrera que la mort n'est que le passage du temps à l'éternité; fils des croyances du passé, nous sentons que nous sommes les restaurateurs de la foi de l'avenir, car les miracles du magnétisme ont une voix éloquente qui, retentissant aux oreilles de la conscience endormie du sommeil profond des intérêts matériels, lui crie éveille-toi!

Henri DELâAGE.

LE

SOMMEIL MAGNETIQUE.

RATURE DU SOMMEIL MACUlénQUE LUCIDE.

Le somnambalismo lucide est le réveil de Pâme. ^

H. Delaagb.

n paraît d'une haute logique, qu'un somnambule endormi du sommeil magnétique lucide, soit seul en état d'expliquer le phénomène merveilleux qu'il produit en cet état, en faisant connaître ce qui se passe dans les plus intimes profondeurs de son organisme. Un semblable Traité doit, en conséquence, être présenté avec une clarté dont l'évidente lucidité mani-

feste que celui qui l'écrit a rompu toute relation avec l'état de veille, et qu'il décrit une série de sensations et d'opérations physiologiques dont auparavant il n'avait aucune connaissance, et qu'il oubliera aussitôt éveillé; il doit tirer sa principale autorité de la science philosophique qu'il montrera dans un homme qui n'en a jamais étudié les notions les plus élémentaires.

Le sommeil naturel est le repos de l'activité vitale et la concentration du fluide nerveux au cerveau, où, sans raison, il évoque le fantôme d'action et^'êtres imaginaires qui se dissipent au réveil ; le fluide magnétique produira une espèce de sommeil factice, en concentrant le fluide vital dans les centres nerveux et en arrêtant l'impression donnée à l'activité vitale par la volonté ; il inspirera à l'âme un surcroît d'énergie qui lui permettra de se dégager des organes assoupis du corps auquel elle est assujettie, pour manifester les facultés résultant de sa nature spirituelle.

Lorsque je me sens envahi par le fluide magnétique, il se passe en moi je ne sais quoi d'indéfinissable qui me ravit, me transporte, tend et convulsionne mBs nerfs, tord mes memtees, bouleverse tout mon être intérieur, s'empare de moi, me pos-

sède et m'arrache douloureusement aux réalités de la vie terrestre qui m'environnent, pour ouvrir devant l'œil intérieur de mon esprit, des horizons sans fin ; à cette sensation première, toujours pénible, succède un sentiment de bien-être ; les obstacles matériels devenant plus transparents que le cristal, n'arrêtent plus ma vue. L'Univers entier est devant moi, et je puis me transporter d'un pôle à l'autre avec la rapidité de l'éclair ; je puis converser avec les Cafres, me promener en Chine, descendre dans les mines de l'Australie, entrer dans le harem du sultan en moins d'une heure, sans fatigue; car l'âme, fille de Dieu, n'a qu'à vouloir pour, semblable à son père, être partout ; cette puissance qui triomphe de l'espace et permet à l'âme de se transporter d'un lieu à un autre, n'est rien en comparaison de celle qui la rend victorieuse du temps et qui fait que tous les siècles sont présents à ma vue. Les générations évanouies, qui, plus nombreuses que les grains de sable de la mer, ont vécu sur la terre, apparaissent à ma volonté ou à l'évocation du consultant, dans leur parfaite individualité, ayant les costumes, les traits, les mœurs, les habitudes, le caractère qui les particularisait durant leur séjour ici-bas. Le passé pour moi n'est pas mort, il est vi-

— lovant. Il y a une pieuse croyance qui fait que l'on conserve religieusement; enchâssées dans l'or et les pierres précieuses, les reliques des saints, et qui fait croire qu'il reste quelque chose de leur âme, de leur esprit, de leur cœur, en unînot, de leur personnalité,, dans ces fragments de leur corps mort. Pour moi, je les vois réexistant tout entiers en corps, en âme, en esprit, en sainteté, sous la moindre parcelle d'un objet qu'ils ont touché durant leur vie, et je jouis de leur présence réelle, comme s'ils étaient encore sur cette terre.

J'ai, avant d'aller plus loin, à réfuter une ob~ jection qui se dresse devant moi et m'arrête en m'adréfesant cette question : le magnétisme et le sommeil sont-ils indispensables pour vous faire arriver à l'état de voyance lucide que vous venez de décrire ; je réponds sans hésiter évidemment non ; de même que le vin et les autres spiritueux, l'opium, le hachi§ch, l'hyoscyame et les autres excitants de l'élément dynanique qui gît dans nos organes, produisent des rêves et des hallucinations sans le secours du sommeil, de même, sans le secours du somme.il, il existe dans l'ordre spirituel des forces occultes qui, tenant le corps sous leur sujétion et dégageant l'âme des organes soumis, produisent la

lucidité sans le recours du sommeil magnétique,

La lucidité prend sa source :

P Dans certaine maladie qui arrache au corps sa suprématie sur l'âme ;

2^ Dans une émotion violente, qui paralyse l'action des organes et laisse l'âiae se soustraire à leur empire ;

3® Dans l'inspiration qui s'empare de l'âme, la possède, l'arrache violemment à l'empire des sens ;

4° Dans la mortification résultant de la misère, de la maladie, de l'absence des besoins matériels ou du crucifiement volontaire pratiqué par l'ascétisme, le mysticisme, l'illuminisme et le cénobitisme.

Tout le monde n'arrive pas à cet état; il faflt, pour ainsi dire, avoir une prédisposition native; pour moi, je suis si prédestiné à cet état, qu'une femme, un enfaùt, sufltoent pour me plonger dans cet état de lucidité où le temps et l'espace n'existent plus pour moi ; de plus, il m'est arrivé souvent, sans être endormi et sans.aucune action magnétique, de donner des preuves de hautes et profondes voyances magnétiques. L'an dernier, j'étais très-souffrant, et je m'étais ordonné pour ma santé de voyager dans le midi de la France ; un matin que je me promenais avec plusieurs de mes amis, je vois passer une ama-

zone montant, avec habileté, un cheval calme et doux, je la montre aux dames qui m'entouraient et je leur dis. Voilà une personne à laquelle il arrivera malheur avant la fin de la journée ; en eflFet, vers les deux heures, un effroyable orage éclate, le tonnerre tombe à quelques pas de l'amazone, que le cheval, fou de frayeur, renverse et traîne après lui. Avant la fin de la journée, on rapportait la jeune femme, pour laquelle je pressentais un malheur, la tête fendue et les cheveux raidis par le sang.

Il y a une vérité qui domine toutes les autres, c'est l'existence de l'âme; si l'on refuse d'y croire, les explications que Ton donnera de la lucidité paraîtront insensées.

Le sommeil magnétique ne dégageant jamais que d'une manière imparfaite et partielle l'âme, il est certain qu'elle n*aperçoit les choses et les personnes qu'à la douteuse lueur d'un crépuscule, aussi le but du somnambulisme est de faire connaître les facultés dont jouissait l'homme primitif et adamique, et celle dont jouira l'âme délivrée du corps par la mort

AMLTSB DU FLUIM MA«I|£t1QDE.

Le fluide magnétiffue est la vie.

Lorsque l'âme respire dans l'infini, le mystère de la vie lui apparaît dans sa profonde et magnifique sublimité; elle le sent, le comprend, le voit et regrette que le verbe humain soit impuissant à traduire d'une manière intelligible cette haute vérité dont la conception fait passer une sensation électrisante d'enthousiasme dans les fibres nerveuses qu'elle fait tressaillir d'une noble émotion. Le fluide magnétique qui s'échappe en rayons d'un feu bleuâtre des doigts, du regard lancé par la volonté, c'est le principe même de la vie.

C'est l'esprit, l'âme, le corps, l'individualité même

— sodé rhomme qu'il émet sous fonne de fluide. Quand je touche, je sens, je respire, je vois cette essence vitale , c'est rhomme ou la femme d'où elle émane et qu'elle contient que par iin contact électrique qui m'incorpore pour ainsi dire à eux, que je touche, que je sens, que je respire, que je vois ; c'est cela qui me fait entrer en communion directe de pensée, de sentiment, de sensation avec ceux qui sont en rapport avec moi ; à l'aide d'une simple mèche de cheveux ou d'une lettre, je les touche, je les sens, je les vois, je les entends, ils vivent en moi de leur vie, je me sens souifrir de leur douleur, jouir de leur jouissance, aimer de leur amour ; mon âme, dégagée des liens de la chair, les touche et s'unit d'esprit avec eux.

Maintenant que j'ai tâché d'expliquer l'influence, de ce soufle vital du consultant sur moi, il me reste à analyser le rôle de ce fluide. C'est lui qui est la viQ qui développe la nature humaine, la fortifie ; il cir-> cule en l'homme dans ses nerfs, et c'est par lui que. l'homme veut, aime et connaît; parvenez à l'arrêtermagnétiquement dans sa sphère d'activité, faites que votre fluide s'empare de l'individualité du somnambule, alors, ô prodige, ce sera votre volonté qui; voudra en lui, votre pensée qui pensera en lui, vo-

tre cœur qui aimera en lui, en un mot, c'est votre vie qui vivra en lui C'est une véritable possession ; seulement, cette puissante influence ne tend à rien de moins qu'à supprimer la lucidité et à la remplacer par la transmission de pensée ; le cerveau du somnambule devient le vivant daguerréotype de votre cerveau, votre imagination pourra se mirer en la sienne comme dans un miroir, mais ce n'est pas lui qui verra, ce sera vous.

Le fluide magnétique est modifié par la pensée, parles sensations, par l'action. Pour éclairer le somnambule, il doit être émis par un de ces kommes d'honneur ^ qui vivent dans l'atmosphère de la croyance, par un de ces hommes jeunes, enthousiastes, ardents et sympathiques, et surtout par des femmes, qui, d'une nature bonne, magnétique, fervente, attractive, ont en elles le feu sacré dont la vive lumière illumine l'entendement du somnambule.

LXITIATIQH AUX MYSTiRES «B LA LUCIDITÉ MAOBill^US.

Plongé dans yn sommeil factice, rhomme voit à travers les corps opaques, à de certaines distances.

Le Père Lacordaibb.

De tous les phénomènes merveilleux enfantés par le magnétisme, aucun ne présente à l'imagination ^ séduite des effets plus miraculeux que ceux qui se produisent dans le somnambulisme lucide.

J'ai expliqué ce qui se passait dans mon intérieur, dans l'action et sous l'influence magnétique qui me fait passer de l'état de veille à l'état de sommeil, lors de ce bouleversement intérieur qui renverse toutes les lois de la physiologie et les remplace par d'autres, en faisant, pour ainsi dire, passer l'âme de l'état de mort à l'état de vie !

H y a, en effet, transport des fonctions du corps à rftme. Aussi les opérations de l'activité, an lieu d'être exécutées par le jeu des organes bornés, finis et matériels des sens, se trouvent réalisées par l'esprit, principe immatériel et universel, qui triomphe des obstacles matériels qui deviennent miraculeusement transparents à l'ordre de sa volonté.

Peu de somnambules jouissent de la vision à travers les corps opaques, seul infailliMe symptôme de la lucidité. Cela tient à deux causes : la première, c'est qu'ils se servent de la finesse de leur esprit pour abuser de l'ingénue crédulité du consultant, et que les corps opaques manquent de bonne volonté et refusait de les aider ; en second lieu, c'est qu'il faut avoir soin de conserver sa volonté pour les forcer à devenir transparents et à se laisser pénétrer.

Dans l'état de bouleversement où se produit la lucidité, ee ne sont plus les organes ordinaires de la vue auxquels le somnambule a recours. Ainsi, il m'arrive de lire avec l'épigastre, quand je sens que mon âme, soustraite à l'empire de la chair, rayonne spirituellement par cet organe 1 Cette vue est pénible, elle ne s'opère qu'avec des soubresauts et des tressaillements électriques. On lui donne le nom de jseconde vue, parce qu'elle apparaît en deuxième

lieu et qu'elle est seulement le privilège de quelques êtres sur la terre, qui en sont redevables à une certaine disposition maladive.

La lucidité ne peut se développer que par le dégagement de l'âme sous l'action de la lumière somnambulique. On l'obtient souvent d'une façon plus éclatante en faisant passer le somnambule du sommeil naturel au sommeil artificiel et magnétique. Pour se convaincre de la réalité de la lucidité, il faut que la vision non-seulement dépasse en profondeur et en étendue celle de l'œil, mais de plus qu'elle ne puisse être le produit résultant du hasard ou de Tîmagination.

Le flambeau de la lucidité peut voir sa flamme flotter et vaciller au vent de toutes les incertitudes. Il éclairera néanmoins l'organisme humain. A côté de la faiblesse hésitante, il fera paraître la puissance, il montrera des faits dont le moindre sufl^ait pour démontrer que la foi universelle du genre himiain en un principe immatériel dans l'homme, n'est pas une erreur d'une Imagination orgueilleuse ; et des nombreux arguments présentés par les écoles de philosophie en faveur du spiritualisme, aucun ne sera plus propre à convaincre que la vision se passant des organes, et par l'étendue de ses percep-

tions illimitées, proclamant que si l'homme est un animal, il est un animal spirituel !

Ce qui donne un caractère de grandeur vraiment surnaturel aux actes de la lucidité magnétique, dont nous citerons un grand nombre à la fin de ce volume, pour prouver par le témoignage des contemporains les plus honorables, la réalité de son existence, c'est l'infini de ces perceptions. Si nous démontrons l'impossibilité radicale de sa constante réussite, nous démontrerons que perpétuellement elle semble dépasser toutes les limites du probable ; cela tient à ce qu'ayant son principe en l'âme, elle met dans ses opérations l'infini et l'illimité, qui est le signe auquel on reconnaît les opérations de l'esprit. Ces expériences de lucidité ne sont pas seulement des expériences de métaphysique amusante, c'est un regard jeté dans l'infini du monde invisible.

LES CAUSES D^EftREim CHEZ LES SUJETS MAGHÉTIsis.

La liiciâfté l«pl«t réelle ii*est pas toujouis constante.

Si J'aborde tm sujet semblable^ c'est que mon li- TTe est l'œuvre d'une conscience honnête. Je sais que de tout temps il a été admis que l'on devait jeter un voilediscret sur ce qu'il y a de défectueux en soi, mais je sais aussi que ne pas signaler à la bonne foi crédule l'écueil de la non-lucidité, c'est l'exposer à se ruiner sur la parole d'un somnambule. Si, les habiles me blâment, les hommes d'honneur me sauront gré d'avoir plutôt obéi au devoir qu'à mon intérêt personnel.

Nous allons expliquer toutes les causes qui sont, pour les sujets magnétisés, la source perpétuelle

d*erreurs ; et en présence de tous les moftfs de nonréussite, je me sens presque étonné des nombreux succès que j'ai obtenus. ^

U y a un préjugé parfaitement enraciné chez tous ceux qui ont écrit jusqu'à ce jour sur le somnambulisme. Ce préjugé consiste à dire que les facultés intellectuelles, les idées morales du sujet magnétisé, sont totalement différentes dans l'état de sommeil que dans l'état de veille, et de proclamer que le fripon devient homme d'honneur, et le sot homme d'esprit, par la giUce efficace du fluide magnétique. En conséquence, toutes les erreurs conuoises par les somnambules lucides découlent de trois sources : de leur disposition personnelle, du tempérament moral de ceux qui les consultent, et de l'influence de celui qui les a magnétisés.

Bien que mort aux préoccupations de l'état de veille, le système nerveux du somnambule conserve pour ainsi dire l'ébranlement fébrile de toutes les émotions qui l'ont agité ; les soucis de sa vie viennent, comme des oiseaux sinistres, jeter l'ombre noire de leurs ailes sur ses visions et l'empêcher de manifester sa lucidité dans tout son éclat. De plus, si la maladie, en affaiblissant les organes du corps, le prédispose à la voyance, il y a certaines affec-

tions qui, rfu lieu d'ouvrir l'œil intérieur de son âme sur le domaine invisible du temps et de l'espace, font passer devant lui le mirage trompeur des rêveries illusoires.

Maintenant que j'ai fait, pour ainsi dire, la part du somnambule dans la non-réussite des expériences magnétiques, je pense être en droit de proclamer que ceserreurs proviennent souvent des consultants et des objets sur lesquels ils consultent les somnambules; le moyen, en effet, de débrouiller, dans une

lettre touchée par plus de vingt personnes, celle qui

l'a écrite et dont on demande des nouvelles. Les consultants apportent souvent une ironie goguenarde qui taquine mes nerfe, au point que tout danse, sautille à mes yeux, et qu'il m'est impossible de rien saisir distinctement. D'autres ont la meilleure volonté du monde, une confiance enthousiaste, mais leur désir est si ardent, qu'ils font passer avec une rapidité foudroyante devant ma vue, des apparitions àmoitié ébauchées ; souvent, le désir que ma solution soit conforme à leur pensée, est si pressant, qu'ils m'influencent et m'émotionnent, en sorte que je ne fais que des transmissions de sensation et de pensée ; enfin le somnambule qui, comme je l'ai reconnu, est souvent mal disposé lorsqu'il est en rapport avec

une nature peu sympathique, ou dans une atmo-» sphère où il y a des incrédules qui ont intérêt h ne pas être convaincus, ne pourra produire aucun fait de lucidité.

Le somnambule en qui son magnétiseur déve-»

loppe fluidiquement la lucidité lorsqu'il est en dis-. ' pute avec lui, se sent irriter et exaspérer par son fluide, et plus son magnétiseur Tactionne violemment, plus les ombres obscurcissient sa vision. Trèssouvent j'ai remarqué que l'arrivée d'un spectateur bienveillant réconfortait mon âme d'une vie toutepuissante et M faisait franchir les obstacles devant lesquels elle restait arrêtée. Très-souvent le succès de mes séances était dû à la présence d'une femme ou d'un homme dont le fluide, comme une douce lumière, descendait en moi et m'éclairait d'une clarté miraculeuse qui donnait à ma lucidité une extension surhumaine.

Je ne terminerai pas ces quelques considérations sans appeler l'attention sur cette pensée, c'est que la non-lucidité, loin défaire douter de-l'existence de cette merveilleuse faculté chez certains individus, doit y faire croire, car si elle était le résultat des subtilités de la prestidigitation elle n'échouerait jamais. Pour obéir à la voix de ma conscience, je

dois de plus proclamer que les réponses que je fais sont toujours dictéfe par ma conviction, mais que ma conviction peut être faussée par les raisons que je viens d'énumérer, et Terreur peut se glisser, à mon insu, dans mes paroles et tromper l'attente de ceux qui s'y fieraient aveuglément.

tXS SERVICES DU SOMlfAHBVUSBB ET DU MAOflinSMB.

SMl existe an monde mie science qui rende rame visibre, c'est sans contredit le magnétisme.

• Aleiaiu>ak Ddkas

Je crois que le principal service rendu par le somnambulisme a été de démontrer, par des faits incontestables, l'existence de l'âme, dans ce temps où la croyance est bannie de toutes les préoccupations, où l'intérêt a remplacé le devoir. Ces expériences ont porté dans l'esprit le sentiment du spiritualisme vers un autre monde.

Les expériences de somnambulisme offrent un divertissement qui a un caractère^ de grandeur qui élève le cœur et impressionne l'âme, et la prépare, par degré, à se tourner vers Dieu, source immor- ' telle, foyer divin de tout ce qui est miraculeux ; c'est

une vive lueur qui éclaire, pour un esprit observateur, les mystères ^l'organisme, et lui fait discerner la lumière des ténèbres, la vérité de li^rreur.

Le somnambulisme magnétique peut obtenir un très-brillant succès appliqué à la guérison des maladies; il peut remonter à la source du mal et guérir des souffrances réputées incurables par la science. L'action du fluide, dans toutes les affections nerveuses, peut produire les meilleurs résultats et rallumer la santé à la flamme même de la vie que nous avons reconnu être le fluide magnétique. Appliqué à la recherche d'objets perdus, de trésors enfouis, bien que le succès se soit souvent complu à couronner mes efforts, il serait peu loyal de proclamer que je réussis toujours; il est certain que, dans ce cas, il y aurait longtemps que j'aurais sur le tapis vert de Hombourg ou sur celui de la Bourse, fait fortune et arraché à la terre une partie des trésors qu'on y a cachés et qui me seraient plus profitables qu'à elle.

Quant aux objets volés,*on comprendra, après ma profession de foi, que, sous aucun prétexte, je ne consentirai à m'en occuper, depuis que l'expérience m'a démontré que, subissant une de ces nombreuses ' et funestes influences qui induisent en erreur le sujet magnétisé, je puis porter un faux témoignage contre

un innocent Si la sympathie m'arrive, c'est que j'ai toujours voulu tenir à rendre le magnétisme estimable et que j'y renoncerai le jour où je croirai qu'un somnambule ne petit pas être un homme d'honneur.

AVEKIR DU SOMIIABIBUUSMS MAGNETIQUE.

Le inaguéiismc a été connu de loui temps.

Il doit souvent VOUS être arrivé de rencontrer des esprits affolés de progrès, qui espéraient qu'un jour Terreur cessant de se produire dans les réponses des somnambules, le magnétisme ouvrirait toutes* les poitrines et permettrait, pour ainsi dire, de lire conunQ dans un livre les pensées secrètes et ce qui se passe dans l'intérieur de la conscience humaine. Cette illusion ne peut exister si Ton admet comme vraies les révélations que nous venons de faire sur les causes de la non-lucidité.

Si je ne fais pas une réclame en faveur du magné-

tisme et du somnambulisme, je ne veux pas porter Ime accusation qu'il m'appartiendrait, à moi moins qu'à personne, de venir formuler. Je recpnnais, au contraire, que la lucidité, malgré sa mobile variabi** lité, est le moyen dont Dieu s'est servi pour ramener & la croyance de la vérité religieuse, les esprits plongés dans le plus profond matérialisme. Je crois que c'est grâce au somnambulisme que l'homme peut prévoir ce qui se passera dans la vie future.

Ce qui m^empêche, je le reconnais, à la suite des magnétiseurs enthousiastes, d'entonner l'hymne de triomphe du magnétisme somnambulique, c'est que la voyance, qui, dans tous les temps, s'est produit avec éclat chez quelques sujets magnétisés, peut, même en ce siècle où le magnétisme est devenu la magie de la science et la science de la magie, se produire en dehors de l'action très-souvent inutile d'uu magnétiseur.

De plus, le nombre des somnambules lucides n'est pas immense, et très-souvent cette faculté apparaît à de très-rares intervalles. Ceux qui ont le plus travaillé le magnétisme, sont tous arrivés à un si profond découragement, qu'il n'existe pas à Paris un magnétiseur sérieux, osant proclamer qu'il a rencontré chez un sujet une lucidité constante. Au

surplus, pour arriver à une colossale fortune, il ne faudrait que rencontrer chez un sujet une lucidité constante huit jours de suite; car les phénomènes somnambuliques sont brillants, mais ils ne sont pas ^ujours constants, même chez les sujets qui sont doués, de la manière la plus libérale, de cette brillante faculté.

Aussi ceux qui, en vue d'un sordide intérêt, se refusent à les admettre^ pourront toujours les nier, d'autant plus que leur scepticisme suffit à empêcher leur production et à désorganiser la lucidité du sonmambiile le plus remarquable.

L'AMB, SA RATimB, SON OBMIIIB, SOK SliOl.

L*Aine émane de Dieu, comme la lumière émane du feu, le parfum de la fleur.

J'aborde un des sujets qui a le privilège d'attirer l'attention des hommes les plus sérieux et de les captiver. Aussi de toutes les parties du monde et de tous les siècles se dressent les penseurs qui ont consacré leur vie à l'étude de ce grand problème ; mais je les repousse , ne voulant pas faire un livre avec' d'autres livres.

Sentant le souflBLe de l'inspiration entr'ouvrir mes lèvres , et plongeant mon regard dans l'infini , je vais, contemplant mon âme en ce moment dégagée de l'enveloppe périssable des sens grossiers , tâcher

de faire comprendre sa nature et les causes de ses merveilleuses facultés.

Je crois que, de tous les mots, celui de Tâme est sans contredit un de ceux que la science et la philosophie ont le plus mal défini , par la raison que pour qu'une âme arrive à la connaissance d'ellemême , il faut qu'elle soit assez dégagée du corps pour avoir conscience de ce qu'elle est.

L'homme ayant été créé pour être le trait d'union entre la terre et le ciel , le fini et l'infini , doit résumer en son corps le règne minéral , végétal et animal , amené à sa plus haute perfection , car c'est en lui que la nature et l'ordre matériel viennent se rencontrer avec l'ordre céleste , auquel il tient par son âme qui possède la faculté et est de la même nature que les esprits qui habitent le domaine invisible de l'éternité.

L'âme est un être immatériel quoique substantiel, créé par Dieu en chaque homme au moment de sa naissance, de la nature des anges et immortelle comme eux; elle est invisible aux sens et ne peut être aperçue que par les somnambules doués d'une très-haute lucidité; elle est enfermée dans le corps comme dans une prison, et elle ne parvient à jouir ici-bas de quelques moments de liberté qui lui

permettent de manifester ses facultés élevées , que dans l'état de voyance et d'extase , où çUe s'arrache h l'empire terrible des sens ; c'est pour cela que les expériences de somnambulisme appliquées à des objets en apparence très- vulgaires , doivent toujours être faites avec conscience et sérieux , car c'est la partie céleste et divine de l'homme qui agit ; c'est pourquoi je considère comme un véritable sacrilège, de tromper la bonne foi du public à l'aide d'un faux somnambulisme .

L'âme est donc un être simple émanant de Dieu , sans participer à sa nature et sans en procéder. Elle est souverainement , activement et essentiellement intelligente , du moment où, rendue pour ainsi dire à elle-même , elle est séparée du corps ; car alors elle connaît tout, voit tout, vole d'un bout de l'univers à l'autre , se promène dans le temps comme dans son domaine , et ranime à son gré les générations évanouies ; rien ne lui est plus caché , car ce qui borne les facultés de l'homme , c'est l'imperfection des organes matériels , limités , finis et souvent altérés, qui lui servent dans les opérations habituelles delà vie.

Dans le somnambulisme, l'âme a soin de s'aifranchir des sens , ou bien , par un caprice bizarre en

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