‹ Le sommeil provoqué et les états analoguesChapitre 8 sur 46 · XII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XII AVANT-PROPOS

mérite de signaler des horizons scientifiques encore nouveaux et d'appeler à leur sujet l'examen des hommes compétents, ce serait déjà pour moi une satisfaction, la science et l'humanité n'ayant qu'à y gagner.

LE

ET LES ÉTiTS ANALOGUES PRÉLIMINAIRES

Le but que je me propose étant de porter des éclaircissements dans la partie de la science qui a rapport au sommeil, aux états qui lui sont analogues, etc., et implicitement, à la question de l'influence de la pensée sur l'organisme, je dois, avant de m'aventurer dans le dédale qui s'ouvre devant moi et pour la compréhension de ce qui fait l'objet de mon élude, définir, avec brièveté et à mon point de vue, ce que l'on doit entendre par : attention, impressions, perceptions, sensations, mémoire, idéesimages, idées pures, remémoration, pensée, organisme, attention libre, attention accumulée.

L'attention, que nous appellerons encore simplement force nerveuse, est cette force culminante, nctive, qui, procédant du cerveau et divergeant en deux grands courants, est consciemment ; d'une part, le principe des phénomènes de la vie animale; et insciemment, de l'autre, des phénomènes de la vie de nutrition. Je ne m'occupe de cette force, pour le présent, qu'en tant qu'elle préside aux fonctions de relation : c'est-à-dire, qu'en tant qu elle

réagit d'une manière plus ou moins consciente, spontanée et libre. En se transportant, par un effort ou non, sur tout le système cérébro-spinal et principalement sur les organes spéciaux des sens, Fattention consciente permet, à notre su, aux impressions, aux perceptions, aux sensations d'avoir lieu, et aux idées dégagées des objets, idées, fruits des perceptions, de se déposer dans la mémoire et d'y prendre une réalité ; l'attention est une véritable créatrice.

Je viens de parler des impressions, des perceptions, des sensations, des idées et de la mémoire ; ce sont, après Fattention sans lac^uelle elles ne peuvent exister, d'autres conditions indispensables de la pensée.

On entend par impressions, les actions des corps sur les organes sensibles, intérieurs ou extérieurs ; et par perceptions, la réception au cerveau des impressions transmises à cet organe: les sensations y sont leurs représentations.

La mémoire est cette propriété qu'a le cerveau, à Faide de Fattention, de conserver les empreintes des perceptions. Ces empreintes conservées se nomment idées. Les idées et la mémoire, on le voit, ne peuvent se comprendre séparées ; les premières sont à la seconde, ce que la peinture est à la toile.

Les idées, je parle de celles qui viennent directement des sens ou idées simples, sont la représentation mémorielle de ce que l'homme perçoit en lui et hors de lui ; ce sont des réalités abstraites qui représentent les objets : réalités que Fattention peut, par un mouvement propre, rendre permanentes dans la mémoire et qu'elle peut, de même, y faire réapparaître, lorsqu'elles y sont devenues latentes. Les idées simples, qui viennent des sens ou idéesimages, n'existeraient pas, si elles s'effaçaient en même temps que leur objet disparaît ; mais, à l'aide de l'atten-

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