‹ Le sommeil provoqué et les états analoguesChapitre 9 sur 46 · PRELIMINAIRES · texte numérisé non relu

PRELIMINAIRES

lion, les perceptions se déposent en idées dans la mémoire, dont la propriété est de conserver les traces des impressions; ces traces s'y photographient, ce qui ne peut avoir lieu que par un eflbrt initial d'attention plus ou moins grand.

C'est aussi un semblable erfort qui redonne la lumière aux idées-images primitivement apparentes dans la mémoire au moment de leur naissance, mais qui y ont ensuite été mises en réserve et dans Tombre ; il les fait reparaître plus ou moins à l'esprit, et, parfois, avec l'éclat qu'elles avaient au moment de la perception : celte opération s'appelle remémoration. Quand, par l'attention, on recrée les images des objets, comme si elles étaient réelles, les impressions el tes perceptions primitives sont reproduites et il n'y manque que la présence extérieure des objets véritables. Et, psychologiquement parlant, pour le sujet qui se représente ces idées-images, les impressions et les perceptions revivifiées sont absolument les mêmes que les impressions et les perceptions premières. C'est donc, qu'en même temps que ces perceptions réflectives se manifestent, a lieu aussi la reproduction des impressions aux extrémités sensitives des nerfs. Ces perceptions à l'inverse peuvent naître pourtant sans organes sensibles spéciaux et sans conducteurs allant de ces organes au cerveau ; que l'élément impressif de ces perceptions accompagne ou non l'élément perceptif, elles sont désignées, dans le cours de cet ouvrage, sous le nom de sensations centrifuges, sensalions remémorées, et plus particulièrement, sous celui d'hallucinations. Par extension, et pour avoir plus de facilité de rendre ma pensée, le phénomène primitif presque instantané et inséparable d'impression et de perception réelle des objets, je l'ai nommé sensation centripète ou simplement sensation.

11 y a d'autres idées que les idées simples ou primitives,

ce sont celles qui proviennent d'une élaboration de l'attention sur ces idées-images; elles en sont une filiation : pour bien dire, elles en sont une quintessence. Ces idées secondaires, dites complexes ou pures, se fixent dans la mémoire comme celles dont elles dérivent. Différentes des idées-images n^mémorées, où l'action nerveuse a lieu presque en même temps au cerveau et à l'extrémité des nerfs du sentiment, lorsque ces derniers existent ; il arrive que si, par l'attention, on se les remet à la mémoire, ces idées pures n'ont pas de contre-coup représentatif sur les filets sensitifs et, conséquemment, sur l'organisme ; la sensation qui les accompagne ne se manifeste qu'au cerveau. Ce fait sera démontré plus loin \

Toutes ces idées, qu'elles soient simples ou composées, ayant une existence positive, sont transmises par la parole ou déposées dans les livres où, à l'aide de signes, elles forment comme une création à part, impersonnelle, sans vie et en detiors de l'être qui les a dégagées et produites.

Or, les idées déposées dans la mémoire ou dans des écrits, d'une part; de l'autre, l'attention réagissant sur ces idées, soit en les suscitant, soit en en prenant connaissance, soit en les comparant, soit en en faisant le thème des occupations de l'esprit : tels sont les éléments de la pensée. Penser, c'est donc faire réagir l'attention sur les matériaux venus des sens et gravés dans le champ mémoriel ; l'attention est le propulseur, l'idée est l'élément et la mémoire est le foyer. Dans son expression la plus exacte, la penfée doit se définir : la réaction de l'attention sur des idées mémorielles^.

1 Voyez Iruisièine piirtie, chapilre m.

2 II est bon do signaler une fois pour toutes, qu'en ce qui concerne l'allenliou consciente, les sensations centripètes, les idées, la mémoire, la pensée el autres pliénomènes conscients appartenant à la vie de re-

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