‹ Le somnambulisme provoquéChapitre 33 sur 47 · CAS DE CHORÉE 25I · texte numérisé non relu

CAS DE CHORÉE 25I

même épreuve sur sa petite malade. II y consentit immédiatement.

Je disàVictorine L... d'écrire son nom. Malgré toutes ses tentatives, Tenfant, très intelligente et très docile du reste, n'arrive qu'à faire un gribouillage informe dans lequel on distingue à peine une L, première lettre de son nom, gribouillage que reproduit le fac-similé de la pnge 239 (fig.4)-

Alors M. Liébeault l'endort, et, une fois endormie, il lui dit d'écrire son nom. Voici ce qu'elle écrivit d'emblée, sans hésitation, les yeux fermés : (fifr. 5.)

Fif^. 5. — Écriture de Victorine L..., endormie.

Tous les mouvements choréiques avaient du reste disparu pendant le sommeil.

A son réveil, nous lui faisons de nouveau écrire son nom, les yeux ouverts cette fois. Le

OUIÎiRI PAR L'»YPNOTrSMB

fac-similé suivant (fig. G) montre le rcbuliat obtenu :

Fip. G. — Écriture de Victorinc L..., réveilliîe.

Les jours suivants, on continua les séances d'hypnotisme et l'amélioration se maintint.

Au bout de quelques jours, Tenfant n'avait plus de mouvements désordonnés et pouvait écrire, coudre et se livrer à toutes les occupations manuelles comme auparavant.

Ce fait, je crois, n'a pas besoin de commentaires, et il me semble que pour tous les esprits non prévenus, Tinspection des trois fac-siniilés reproduits ci-dessus vaut mieux que toutes les considérations possibles.

III. — Remarques à propos d'une note de M. Beaussire : VObsei^vation interne et l'observation externe en psychologie.

Dans une note publiée dans le numéro de septembre i885 de la Revue philosophique, note intitulée : l'Obsei^vation interne et l'observation externe en psychologie, M. Beaussire rectifie un passage de mon article sur V Expérimentation en psychologie par le somnambulisme provoqué. Voici ce passage : « L'observa- « tion interne, seule préconisée autrefois, n'a « rien donné de ce qu'on en attendait et tout le « génie des hommes qui se sont occupés de « l'étude de l'âme n'a pu prévaloir contre Tin- « suffisance de la méthode. En réalité, nous en « étions encore, il y a quelques années^ au u Traité de l'âme d'Aristote, ou peu s'en « faut. »

La rectification de M. Beaussire porte suvjout sur les mots « seule préconisée autrefois » dont il conteste l'exactitude historique.

2 54 l'observation interne

Je ne fais nulle difficulic d'avouer que la phrase est un peu absolue dans sa forme et que l'expression a été peut-cire un peu au delà de ma pensée. Cependant le fond m'en paraît juste et à ce prop(;s je répendrai le plus brièvement possible à quelques-unes des objections de M. Beaussire.

Le Traité de l'âme d^ArhioXQ^ d'il M. îkaussire, loin de reposer entièrement sur Tobservation interne est, pour la plus grande partie, un traité de physiologie.

Cette assertion me paraît beaucoup trop absolue.

Il y a dans le Traité de l'âme trois doctrines ou trois parties, un peu enchevêtrées les unes dans les autres, mais qui n'en sont pas moins distinctes; une partie métaphysique, une partie physiologique et une partie psychologique pure.

De la partie métaphysique (classification des causes, différence de la matière et de la forme, etc.), je ne parlerai pas ; elle est en dehors du débat.

La partie physiologique est très intéressante au po nt de vue historique, surtout pour un physiologiste, mais c'est certainement la partie la plus faible de l'ouvrage et elle est même,

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