‹ Le somnambulisme provoquéChapitre 34 sur 47 · L OBSERVATION INTERNE · texte numérisé non relu

L OBSERVATION INTERNE

sur plusieurs points, inférieure à ce qu*ont laissé quelques-uns des prédécesseurs d'Aristoie. La partie psychologique, au contraire, basée sur l'observation interne, est très remarquable*, on pourrait même dire qu'elle n'a pas vieilli et qu'elle constitue, encore aujourd'hui, la base de la psychologie. On y trouve, en effet, la distinction de l'impression et de la sensation, déjà entrevue du reste par Platon ; on y voit que la sensation est le fondement de la connaissance, et Ton pourrait faire remonter à Aristote, quoi qu'en aient dit quelques auteurs, le fameux axiome : Nil est in intellectii... Il admet, audessus des sens spéciaux, un sens commun, véritable sensorium commune. Il analyse et distingue la mémoire et la réminiscence, et ce qu'il en dit, ainsi que de Timagination, relève uniquement de l'observation interne. Son âme pensante, qu'il sépare de l'ame sentante placée dans le cœur, n'a son siège dans aucun organe, car on sait que, pour Aristote, le cerveau n'est pas l'organe de la pensée; sa division des facultés de l'âme pensante ne peut donc être basée sur les organes et l'organisation. Il serait facile de trouver dans ce livre le germe de la doctrine associationniste ; on y rencontre même les actes

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du vou; considères comme des actions d'arrct. On voit donc que presque toutes les grandes questions psychologiques ont été sinon résolues, du moins abordées par Aristotc et étudiées par lui à l'aide de l'observation interne.

Il me semble donc que dans les œuvres psychologiques d'Aristote et en particulier dans le Traité de l'âme^ l'observation interne a une part beaucoup plus considérable que ne l'admet M. Beaussire.

Quant à l'observation externe, quelle est sa part? Appellera-t-on observation externe (en psychologie, bien entendu) quelques notions grossières d'anatomie et de physiologie , que justifie rétat des connaissances à cette époque, mais qui n'avaient et ne pouvaient avoir aucune utilité pour la psychologie? Appellera-t-on observation externe le fait de placer Tâme dans le cœur ou dans l'estomac? Est-ce l'observation externe et la division des organes, comme le dit M. Beaussire, qui dictaient à Platon sa division des facultés de Pâme raisonnable : Tintelligence. la science mathématique et la croyance ?

Il y a dans cette question une confusion qu'il importe de dissiper. Décrire le cerveau et le système nerveux et bâtir à côté un système de psy-

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chologie pure, cela ne constitue pas une psychologie objective; c'est de Panatomie plus de la psychologie; mais on a beau les mélanger 'une à Tautre, cela ne suffit pas pour que leur pénétration réciproque s^opère, pas plus qu'on ne peut mélanger de l'huile et de l'eau. La psychologie des philosophes anciens et modernes, jusqu'à nos jours, n'a pas été autre chose que ce mélange. Ce n'était pas de leur faute, il est vrai, et la physiologie était si peu avancée qu'on ne peut leur faire un crime de retomber toujours dans l'ornière de l'observation interne. L'École de Cousin, en exagérant cette tendance et en l'érigeant en principe, n'a fait que montrer, avec une évidence encore plus forte, l'insuffisance de la méthode. Mais, en réalité, cette méthode était appliquée et appliquée presque exclusivement depuis des siècles.

Ce n'est que récemment que cette méthode a été abandon-née, non seulement pour l'observation externe, mais aussi pour la méthode expérimentale qui a déjà rendu tant de services. En tout cas, l'essentiel est de voir les philosophes comme M. Beaussire admettre l'insuffisance de l'observation interne en psychologie :; il n'y a plus là, pour employer ses expressions,

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qu'une question de dosage, et, pour ma part, en comparant les résultats des deux méthodes, je crois qu'il faut augmenter de plus en plus la dose de l'élément qui a jusqu'ici donne les meilleurs rcbuiiaib.

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