CHEZ LES SOMNAMBULES
(( bonne grâce, mais ils ont reconnu qu'il leur « était impossible de lever la défense sans votre « assentiment.
« C'est dans cette circonstance, monsieur, « que je vous prie de vouloir bien m'envoyer ({ par écrit la manière et l'autorisation d'être « endormie par mon frère L... ; c'est le moyen « que m'ont indiqué ces messieurs.
« En attendant, etc.
Je lui envoyai par lettre Tautorisation demandée, et son frère qui, dans plusieurs essais infructueux, n'avait pu parvenir à l'endormir, l'endormit immédiatement.
Ce fait a, il me semble, une certaine importance au point de vue de la théorie du sommeil par suggestion. Il ne suffit pas, et en cela je m'écarterais de l'opinion de la plupart des auteurs, il ne suffit pas que le sujet ait Tidée du sommeil pour qu'il s'endorme. Bien plus, dans le cas actuel, cette jeune personne désirait vivement être endormie par son frère, et malgré ce désir elle n'a pu y réussir quoiqu'elle n'eijt pas conscience de l'interdiction qui lui avait été
2yS DE l'interdiction du sommeil
faite. Gomme par les expériences auxquelles elle a participé, elle esc assez au courant djs pratiques du somnambulisme, quand elle a vu que son frcrcnc pouvait l'endormir, elle a imméJiatemcnt supposé qu'on lui avait fait une interdiction pendant son sommeil et elle s'est adressée à iMiM. Liébeault et Liégeois qu'elle voyait souvent. C'est seulement après de nouveaux essais infructueux que ces messieurs lui ont conseillé de s'adresser à moi, supposant que l'interdiction provenait de mon fait.
Le cas est d'autant plus remarquable que M''® A... E... a, comme je Tai mentionné (i), la propriété de s'endormir spontanément.
Ces faits me paraissent prouver qu'il y a quelque chose de spécial dans le sommeil produit par suggestion et qu'on se trouve là en présence d'un état cérébral particulier comme j'ai essayé de le démontrer (2).
(2) Voir p. 207 et 229.