Suggestion du ralentissement du pouls
lô.ù
i5,5 Je la réveille.
i5,g Réveil complet,
Chez Victorine L..., du reste, les palpitations dont elle souffrait souvent se calmaient d'une façon remarquable sous Pinfluence de l'hypnotisme.
Je n'ai pas voulu faire chez elle, à cause de ''état du cœur, la suggestion de l'accélération. Je crois d'ailleurs, et on en verra plus loin la preuve, qu'il faut être très réservé sur ce genre d'expériences (accélération du cœur) et qu'il peut y avoir un réel danger à les répér^.r trop souvent.
Dans le tracé de Victorine, on ne retrouve pas les intermittences du cœur que j'ai constatées chez Elisa. Il faut dire aussi qu'agissant
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chez Victonnc dans un but thérapeutique et à cause même de son a^e et de son nervosisme, je n'ai pas voulu accentuer la siigt^estion aussi énergiquement que chez Elisa, chez laquelle nous voulions avoir le maximum d'ellet. Le pouls a du reste été très régulier pendant tout le tracé, le dicrotisme y est bien marqué ; la forme du pouls est la même avant le sommeil, pendant le sommeil et après le réveil.
Ces faits démontrent donc que Ton peut, chez certains sujets, car je n'oserais pas dire chez tous, ralentir ou accélérer les battements du cœur par suggestion hypnotique. Pour bien saisir la valeur de ces faits, je crois devoir entrer dans quelques considérations sur l'influence de la volonté sur les battements du cœur.
En général, et c'est là la doctrine classique, cette influence est niée et tous les auteurs admettent que la volonté n'a aucune action directe sur les pulsations du cœur. Quand cette action semble exister, c'est qu'elle s'exerce indir^ectement par l'influence d'un état émotionnel ou de la respiration. Il y a cependant dans la science certams faits qui porteraient à admettre cette action directe de la volonté. Il en est qui sont bien connus, mais il en est d'autres qui le sont
beaucoup moins et sur lesquels je crois utile d'entrer dans quelques détails. Je parlerai d'abord du ralentissement des battements du cœur.
Les recherches les plus précises sur cette question ont été faites par E.-F. Weber. Mais avant de les exposer, je rappellerai le cas du capitaine américain Townshend, raconté par le D'' Gheyne.
Je n'ai pu me procurer l'ouvrage de Georges Gheyne (i); mais voici ce que dit sur ce sujet E.-F. Weber :
« Georges Gheyne raconte avec beaucoup de détails l'histoire d'un colonel Townshend, qui souffrait d'une maladie des reins accompagnée de vomissements continuels. Gomme sa maladie augmentait et que ses forces diminuaient, il vint de Bristol à Bath dans une chaise à porteurs. Gheyne dit textuellement :
« Le D'" Baynard et moi, nous fûmes appelés auprès de lui; nous le vîmes deux fois dans l'espace d'une semaine; mais, comme les vomissements persistaient malgré tout ce qu'on pouvait faire, nous désespérions de la guérison.
« Il nous envoya chercher un matin de bonne
(i) G. Gheyne, The English malady., London, ij'iZ.