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loignait ou se rapprochait de la côte, jusqu’à ce que les sons devinssent perceptibles à l’oreille. IL fut frappé, dès l’abord, des variations singulières et en apparence inexplicables qui n’ont pas tardé à se présenter. C’est ainsi que le 25 juin, la direction du vent étant favorable, le son de la trompette marine, ainsi que le bruit de l’explosion d’une pièce de 18 tirée sur les falaises au-dessus de Douvres, s’entendait distinctement en mer à une distance de o 1/2 milles anglais, soit en nombres ronds 8,750 mètres. Le lendemain 26, ces mêmes sons étaient perceptibles à une distance de la côte de 17 kilomètres, et cela malgré un vent directement contraire. Le lendemain 2 juillet, il est survenu tout à coup dans l’atmosphère une opacité acoustique vraiment extraordinaire ; la distance de la côte à laquelle le bruit du canon était perceptible n’était plus que de 6,750 mètres sans cause météorologique apparente. Le 3 juillet, par un temps serein et trèschaud, la mer étant parfaitement calme, il a fallu se rapprocher jusqu’à 3,900 mètres de la côte pour que le bruit du canon de 18 devint perceptible. L’observateur distinguait bien chaque bouffée de fumée, mais sans entendre le plus petit son, Il paraît donc démontré qu’une atmosphère claire et sereine n’est nullement favorable à la propagation du son, et que Paccord entre la transparence optique et la transparence acoustique, constaté par le docteur Derham, dans les Transactions philosophiques pour 1708, et généralement admis dès lors, ne repose sur aucun fondement. »
Avant d'aller plus loin, et de rapporter l’explication que propose Tyndall pour ces apparentes ano-
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malies, nous devons dire que les faits observés part lui ne sont pas entièrement nouveaux. Arago, dans son rapport sur les expériences faites en 1822 à Villejuif et à Montlhéry, constate une différence singulière entre l’intensité du son entendu à chaque station : « Le temps était serein, dit-il, et presque complétement calme : le peu de vent qu’il faisait soufflait de Villejuif à Montihéry ou plus exactement du nord nord-ouest au sud sud-est. A Villejuif, nous entendimes parfaitement, MM. dé Prony, Mathieu et moi, tous les coups de Montlhéry; aussi n’apprimesnous pas sans étonnement, le lendemain, que le bruit du canon de notre station s’était à peine transmis jusqu’à l’autre. » On n’entendit à Montihéry que sept coups sur douze. Le lendemain, résultat plus étonnant encore : on n’entendit qu'un coup sur douze. Arago ne chercha point à expliquer ces singularités, n’ayant, dit-il, à offrir que des conjectures dénuées de preuves. |
Le fait que nous venons de citer est d'autant plus curieux qu’il s’agit là de sons presque simultanés, se propageant dans le même milieu, dans des conditions météorologiques qu’on peut considérer comme identiques. Ainsi, un même milieu aérien qui, dans un sens, jouit de la propriété que Tyndall nomme la transparence acoustique, se trouve opaque pour le son dans le sens opposé.
Martin et Bravais, en mesurant la vitesse du son, entre le sommet du Faulhorn et le lac de Brienz, avaient bien aussi reconnu que le son arrivait affaibli à la station inférieure, mais dans ce cas, la cause de la différence pouvait et devait être attribuée à la ‘grande différence d’altitude, c’est-à-dire à la plus