‹ Le sonChapitre 8 sur 67 · L'Encyclopédie donne ks nombres suivants pour la vi · texte numérisé non relu

L'Encyclopédie donne ks nombres suivants pour la vi

tesse du son dans l'air, obtenue par divers savants; plu-

sieurs de ces nombres ne sont pas d'accord avec ceux que

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. guère inspirer de confiance, et voici pourquoi. | D'abord, en général, les distances des stations extrêmes étaient imparfaitement connues. II y a là une première cause d'erreur. Une autre, plus grave, tenait au peu de précision des mesures du temps. Ainsi, le père Mersenne avait reconnu qu'en une

seconde la voix pouvait prononcer sept syllabes dis- :

tinctes, et qu’un écho distant de 81 toises, les réfléchissait toutes exactement dans la seconde qui sui- ‘ vait. Chacun des sons composant les sept syllabes avait donc exactement parcouru en une seconde le double de la distance de l'écho. C’est là une grossière approximation, non une mesure précise.

Pour comparer les résultats obtenus, il faudrait en outre tenir compte de l’état thermométrique et hygrométrique de l’atmosphère, et aussi de la force, de la vitesse et de la direction du vent. On verra

nous trouvons dans d'autres publications anciennes, cette différence tient-elle à ce que les expériences faites par certains observateurs furent multiples et donnèrent des résultats divergents : c'est ce que nous ne pouvons dire. Voici, le passage en question qui d’ailleurs n'indique nullement les circonstances où ont été faites les mesures : « La vitesse du son est différente, suivant les différents auteurs qui le déterminent. Il parcourt l'espace de 968 piés en une minute (faute d'impression : lisez une seconde) suivant M. Isaac Newton ; 1300 suivant M. Robert ; 1200 suivant M. Boyle; 1330 suivant le docteur Walker; 1474 suivant Mersenne ; 1142 suivant M. Flamsteed et le docteur Halley : 1148 suivant l’Académie de Florence, et 1172 piés suivant les anciennes expériences de l’Académie des sciences de Paris. M. Derham prétend que la cause de cette variété vient en partie de ce qu'il n’y avait pas une distance suffisante entre le corps sonore et le lieu de l’observation, et en partie de ce que l’on n'avait pas eu égard aux vents. » Nous ne citons d’ailleurs ces résultats que pour montrer quelle était encore, il y a deux siècles, l'incertitude des physiciens sur ce point de la science.

LA VITESSE DU SON 149 plus loin comment ces circonstances si variables influent sur la vitesse de l’ébranlement sonore. Or, dans les plus anciennes expériences, on ne se préoccupait nullement de ces influences.

Les premières expériences précises remontent à l’année 1738 et sont dues à l’ancienne Académie des sciences de France. Une commission formée de trois savants français : Lacaille, Cassini et Maraldi,

choisit pour stations d'observation les points sui-

vants : à Paris, l'Observatoire et la pyramide de Montmartre ; aux environs, le moulin de Fontenayaux-Roses et le château de Lay, à Montihéry. Malheureusement, le temps n’était encore mesuré qu’à une demi-seconde près; la plupart des coups de canon ne furent pas réciproques, et dès lors la vi-

tesse du vent n’était pas atténuée ; enfin la tempé-

rature ne fut que vaguement indiquée. Voici les résultats pour les expériences du 14 et du 16 mars. Le 14, par une pluie très-vive, le son parcourut la distance de 11,756 toises séparant Montihéry de l'Observatoire en 68 secondes, moyenne des deux intervalles d'aller et de retour. Cela fait 172t,9 par seconde. Le 16, la moyenne de deux coups réciproques entre les mêmes stations fut de 68s, 25; et

. par conséquent la vitesse de 1721t,25.

L'influence du vent fut alors reconnue. S'il souffle dans le même sens que le son se propage, il en augmente la vitesse ; en sens contraire, il la ralentit d'autant, et c’est là ce qui explique la nécessité des coups réciproques. Nous verrons plus loin ce que dit Arago sur ce point. Enfin, si le vent souffle dans une direction oblique, la vitesse du son est augmentée ou diminuée selon l'angle que sa

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direction fait avec celle du vent 1. Son influence

n’est nulle que pour le cas où le vent souffle à angle droit entre les deux stations extrêmes. |

Les mêmes expériences firent aussi reconnaitre que la vitesse du son dans l’air est uniforme, c’est-

à-dire qu’il parcourt un espace double, triple.., dans

un temps double, triple..., etc. Les stations intermédiaires servirent à constater ce fait.

En 1809:et en 1811, Benzenberg fit près de Dusseldorff, plusieurs séries de mesures de la vitesse du son, entre deux stations éloignées de 9072 mètres.

Les coups n'étant pas réciproques, l'influence du:

vent ne fut pas éliminée, mais le temps était calme, et les observateurs étaient munis de montres à arrêt et à tierces. Les résultats furent les suivants : vitesse du son à 2° au-dessus de zéro 335",2 par sesonde, à 28° 350,78,

Viennent ensuite, en 1821, les expériences faites à Madras par un astronome anglais, Goldingham. Résultats : vitesse du son à 27°,56, 347,57. C’est une moyenne de 800 observations ; les coups de canon étaient tirés des deux forts Saint-Georges et

Saint-Thomas ?, et entendus à une station distante

de ceux-ci de 4246,5 et de 9059",2.

Nous arrivons maintenant, dans l’ordre des dates,

1. De toute la valeur de la composante de cette vitesse, ou de sa projection sur la direction du mouvement du son. 2. « Aù fort Saint-Georges, à Madras, on tire le canon le matin à la pointe du jour et le soir à huit heures; au Morit Saint-Thomas, on tire aussi le canon le matin à la naissance du jour, et le soir au coucher du soleil. Un nouveau bâtiment a été érigé de manière à dominer toute la contrée ; c'est sur cet édifice, que l’auteur fit ses observations le matin et le soir au moment où l’on tirait le canon. » (Bulletin de Férussac.)

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