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LA VITESSE DU SON RE

aux expériences que le bureau des Longitudes, sur la proposition de Laplace, fit faire en 1822. La commission était composée de quatre membres du bureau, Arago, de Prony, Bouvard et Mathieu, et elle . Sadjoignit Gay-Lussaé et Humboldt. L’une des stations choisies fut encore Montlhéry, comme en 1738.

Fig: 4: — Expériences du Bureau des longitudes sur la vitesse du son, faites à Villejuif et à Montlhéry, en 1822,

Mais, pour éviter le trajet du son au travers de l’atmosphère d’une grande ville. au lieu de Montmartre

ou de l'Observatoire, on prit un point de da banlieue, F Villejuif, pour seconde station. Les moyens d'évaluer letemps étaient des chronomètres à arrêt fournis par Bréguet, lesquels donnaient les dixièmes et même (l’un d’eux) les soixantièmes de seconde. Arago, de Prony et Mathieu s’établirent à Villejuif; Gay- Lussac, Humboldt et Bouvard à Montlhéry. Deux pièces de canon de même calibre, chargées de gargousses de même poids (1 et 14,5) avaient été disposées à chacune des stations.

Les expériences commencèrent le 21 juin 1822 à dix heures et demie et continuèrent le lendemain à onze heures du soir, par un ciel serein et une atmosphère à peu près calme. Douze coups de canon alternés de 10 en 10 minutes furent tirés chaque soir à l’une et à l’autre station, à partir d’un signal donné, et chaque groupe d’observateurs nota le nombre de secondes qui s’écoulait entre l’apparition de la lumière et la perception du son. |

À Villejuif, on entendit parfaitement tous les coups tirés à Montlhéry, tandis que les bruits du canon de Villejuif furent à peine transmis à l’autre station. Cependant, dit Arago, « le peu de vent qu'il faisait soufflait de Villejuif à Montlhéry ou plus exactement du nord nord-ouest au sud sud-est. » En combinant les coups réciproques entendus de part et d'autre, on reconnut que le son avait employé en moyenne 54 secondes 6 dixièmes, pour franchir la distance des deux stations. La température était 15°,9, Phygromètre marquait 72°. La distance totale étant de 18612%,59, la vitesse du son avait été, par seconde, de 340m,88. Arago évaluait à 1",317 l’erreur probable pouvant provenir de l'incertitude de la me-

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on observe des coups réçiproques, mais cette récie' | procité n’est jamais rigoureusement simultanée ; les

coups combinés étaient séparés, à Montlhéry et à

L Ê Villejuif, par des intervalles de cinq minutes. Or, dit

Arago, « si l’on remarque que le vent est toujours

- intermittent, et qu'entre deux fortes bouffées, il y a souvent des instants d’un calme complet, ne trou-

vera-t-on pas trop considérables les intervalles de 5 minutes que nous avons cru néanmoins pouvoir

- combiner comme coups correspondants. Loin de

vouloir affaiblir ces objections, j’ajouterai, si l’on veut, que, dans certains cas, les coups des deux

stations pourraient partir à Mt même seconde, sans . que la demi-somme des deux temps de propagation fût indépendante du vent. Supposons, en effet, que

le 21 juin par exemple, une bouffée du nord eût commencé à Villejuif à l'instant du tir de la pièce : le son plus rapide que le vent se serait propagé de cette station à Montlihéry comme dans une atmosphère tranquille, tandis que le bruit parti, à la même

. seconde, de Montlhéry aurait rencontré le vent contraire ou du nord avant d'atteindre Villejuif, et sa

marche en aurait été plus ou moins retardée. Mais

que conclure de là, si ce n'est qu'un temps fait et

calme est indispensablement nécessaire pour de telles expériences? » Sous ce dernier rapport, les

- expériences de 1822 furent aussi satisfaisantes que

possible. Elles montrèrent aussi que la vitesse de. propagation du son est indépendante de la charge du canon, par conséquent de l'intensité du son.

En juin 1893, deux physiciens hollandais, Mall et

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