GAMME MINEURE
Nous y retrouvons les mêmes intervalles que dans la
gamme majeure : trois fois l'intervalle q' deux fois
-q' deux fois j=" Elle diffère donc de la gamme majeure
seulement en ce que les mêmes intervalles y sont distribués dans un ordre différent.
La gamme mineure s'emploie aussi sous la forme suivante :
dont les intervalles sont :
Sa première moitié se compose de la gamme mineure , et sa seconde moitié de la gamme majeure. Les intervalles sont encore les mêmes, mais autrement distribués. Cette seconde forme est employée de préférence pour la gamme ascendante, tandis que la première est employée pour la gamme descendante.
La gamme mineure a donc pour caractéristique la tierce mineure, tandis que la gamme majeure a la tierce majeure. Ces deux gammes peuvent ainsi être considérées comme l'évolution et l'émanation des accords parfaits majeur et mineur, auxquels elles sont intimement liées. Un morceau musical, qui se meut dans la gamme majeure, a pour base l'accord majeur; l'accord mineur est réservé aux morceaux qui s'exécutent dans la gamme mineure.
La différence caractéristique entre les deux gammes réside dans la tierce. Or, l'intervalle compris entre la tierce
majeure - et la tierce mineure = se trouve en les divisant
l'une par l'autre. Cet intervalle est de ^7' c'est-à-dire plus
petit que le demi-ton majeur t-p* Nous l'appelons pour
cela le demi-ton mineur. Nous pouvons donc conclure que toute la différence qui existe entre la gamme majeure et la gamme mineure, se réduit à un demi-ton mineur appliqué à la tierce.
Mais si, mathématiquement parlant, cette différence est petite, elle est très-grande au point de vue esthétique. Tout ce que nous avons trouvé pour les accords parfaits s'applique aux deux gammes (voir chapitre YI). La gamme majeure, et tous les morceaux qui s'y rattachent, ont un caractère franc, gai, brillant; les morceaux qui ont pour base la gamme mineure, sont sombres, mélancoliques et surtout indécis. Il en faut chercher la raison dans les différents sons résultants qui se produisent dans les deux accords parfaits. On la trouve aussi dans les gammes. Nous conclurons en disant que des variantes, même faibles et en apparence peu importantes, modifient notablement le caractère d'un morceau de musique. Sous ce rapport, les gammes constituent l'ossature d'un organisme qui manifeste des caractères, des tendances, des développements très-différents, pour peu qu'on détermine des différences caractéristiques dans sa construction.
13. Il restait encore à la musique un autre pas à faire, et nous ne croyons pas qu'il soit entièrement fait aujourd'hui. Nous devons considérer la gamme à un autre point de vue, et nous verrons qu'elle est infiniment plus riche en ressources qu'on ne pourrait se l'imaginer tout d'abord.
Le pas en question consiste dans la transposition, et, sous la forme la plus artistique, dans le passage d'un ton à un autre. Supposons un instrument à sons fixes, comme le piano ; supposons que la gamme commence par ut, et qu'un