‹ Le son et la musique : (volume 2)Chapitre 7 sur 100 · VIBRATIONS DES CORDES · texte numérisé non relu

VIBRATIONS DES CORDES

moyen de chevilles comme celles d'un piano. Cet instrument, déjà connu des anciens Grecs, s'appelle un sonomètre; il a une aussi grande importance dans l'histoire de la musique que pour l'étude des phénomènes sonores qui nous occupent.

Si j'ébranle la corde au moyen d'un archet, elle donne un son dont la hauteur dépend de beaucoup de circonstances, par exemple, de la longueur,, de la grosseur, de la densité, de la tension de la corde.

Si je frotte légèrement la corde, le son est faible ; si je l'ébranlé au contraire avec une certaine énergie, le son est fort ; d'une manière générale, la force , ou V intensité du son dépend de l'énergie plus ou moins grande avec laquelle je produis le son.

Les vibrations de cette corde peuvent se démontrer de la manière suivante. Déjà l'observation toute seule prouve que la corde ébranlée se trouve dans un état de vibration rapide. Aux deux extrémités qui reposent sur les deux chevalets, la corde paraît immobile ; mais à mesure qu'on observe la partie moyenne, on trouve que les contours de la corde perdent de leur netteté. Elle semble notablement grossie , et le maximum de ce grossissement tombe juste au milieu de la corde. Gela provient de ce que chaque molécule de la corde exécute des vibrations rapides, se mouvant en dessus et en dessous dans un sens perpendiculaire à la longueur. Les vibrations de cette nature s'appellent transversales, pour les distinguer des vibrations longitudinales dans lesquelles chaque molécule vibre suivant le sens même de la corde .

Dans la pratique de la musique, on ne fait pas usage des vibrations longitudinales des cordes; je ne m'occuperai donc ici que des vibrations transversales. Pour en mieux démontrer l'existence, on place sur la corde des petits morceaux de papier plies par le milieu en guise de petits cavaliers. Quand la corde vibre, ces petits cavaliers sont lancés

en l'air à cause de leur légèreté; ils tombent de la corde, et indiquent ainsi les points où elle se trouve à l'état de vibration ou à l'état de repos.

Le mode le plus simple de vibration est celui où toute la corde exécute simultanément une vibration unique. J'obtiens facilement cet effet, en laissant la corde entièrement libre et en l'ébranlant avec l'archet dans le voisinage d'une des deux extrémités. Remarquez que les cavaliers sont tous jetés bas, d'abord ceux qui sont au milieu où le mouvement est le plus fort, puis successivement les autres. Cela prouve qu'à l'exception des deux points fixes de la corde, il n'y en a pas d'autre qui ne vibre, ou, en d'autres termes, que toute la corde vibre en une seule vibration. Le son ainsi obtenu est le son le plus grave qui corresponde à la corde ; aussi l'appellerons-nous son fondamental.

Mais ce n'est pas le seul son qu'on puisse en tirer. Si je la touche légèrement en son milieu avec le doigt, ou mieux avec une plume (fig. 4), j'obtiens un son notablement plus élevé, qu'une oreille musicale distingue facilement, et que la musique pratique appelle V octave du son fondamental. Dans ce cas la corde vibre en deux portions, de manière que le point touché reste toujours immobile.

Ce point immobile s'appelle un nœud de la corde vibrante, et on a déterminé la production artificielle de ce nœud en touchant la corde au point indiqué. En fait, si je place les petits cavaliers sur la corde, j'observe que le cavalier placé dans le voisinage de mon doigt ne bouge pas, tandis que tous les autres sont lancés au loin. Le cavalier resté en place révèle ainsi la présence du nœud.

Je puis tirer successivement de la corde des sons de plus en plus élevés en la touchant au tiers, au quart, au cinquième, etc., de sa longueur.' L'expérience, faite avec l'aide des petits cavaliers, prouve que, dans tous les cas de ce genre, la corde se subdivise en un certain nombre de parties toujours égales, dans le premier cas en trois, clans le

Page 1