PROPAGATION DANS L'AIR
évidence. Il est applicable à tous les cas, quel que soit le corps élastique examiné et quelle que soit la nature de ses vibrations. Appliqué au cas des vibrations sonores de l'air, il conduit à cette conclusion : que vingt, trente, cent sons différents peuvent se transmettre dans toutes les directions, sans se troubler réciproquement.
2. Mais, avant tout, il faut démontrer que l'air est réellement capable de transmettre les sons. Je prends un ballon de verre, dans lequel pénètre une tige de laiton portant à son extrémité, une sonnette, c (fig. 15), attachée par un fil de coton non élastique. Le ballon est muni à son col d'un robinet a qui permet de l'ouvrir ou de le fermer. J'ai enlevé l'air du ballon, au moyen de la machine pneumatique, aussi complètement que possible. On peut alors secouer le ballon et. par suite, la sonnette , tant qu'on veut , sans entendre aucun son. Cependant si j'applique l'oreille contre le ballon, je perçois un son très-faible : cela tient à ce que l'air n'est pas complètement enlevé, et que le fil de coton, auquel est suspendue la sonnette, n'étant pas complètement privé d'élasticité, transmet un peu le son. Mais ce son est tellement faible, qu'il n'est perceptible que pour une personne placée près de la sonnette. Maintenant j'ouvre pendant quelque temps le robinet, puis je le referme : un peu d'air est entré dans le ballon et le son de la clochette commence à se faire entendre. Ses vibrations trouvent déjà un milieu élastique, capable, bien que très-raréfîé, de les transmettre » à l'enveloppe de verre du ballon. Le verre, qui est fortement élastique, les transmet à l'air extérieur et de là à notre oreille ; le son se fait donc entendre, quoique encore faiblement.
J'ouvre de nouveau le robinet. A mesure que l'air rentre,
Fig. 15.
le son devient plus fort ; enfin, quand l'air atteint, à l'intérieur du ballon, la même densité qu'à l'extérieur, la clochette se fait entendre avec toute l'intensité dont elle est susceptible. Ceci démontre que l'air est capable de transmettre les vibrations sonores ; que , dans ce cas, il était nécessaire à cette transmission, et qu'il transmet le son d'autant mieux que sa densité est plus grande.
3. Tous les corps solides, liquides et gazeux, pourvu qu'ils soient élastiques , sont capables, comme l'air, de transmettre les vibrations sonores. C'est un fait trèsconnu, que, lorsqu'on prend des bains de mer, si on enfonce la tête ou au moins les oreilles sous l'eau, on entend distinctement le bruit produit par le choc de l'eau contre les roches. Un autre fait également bien connu, c'est que, pour entendre de loin les pas de personnes ou d'animaux, il faut appliquer son oreille contre la terre ; cela prouve non- seulement que la terre transmet les sons, mais que, dans certains cas, elle les transmet mieux que l'air lui-même.
Presque tous les corps connus sont capables de transmettre les sons, et, au premier rang entre tous, les métaux. Cette transmission réussit bien surtout quand le son reste circonscrit, et qu'il est forcé de se propager dans une seule direction. Ce n'est pas le cas d'une cloche qui résonne dans l'air libre; le son se transmet dans toutes les directions et s'affaiblit rapidement. Mais si, au contraire, la transmission se fait dans une direction unique, un son, même faible, peut être entendu à grande distance. Les tubes acoustiques ou tubes parlants, dont on fait un si fréquent usage, sont fondés sur ce principe. Ce sont des tubes cylindriques, généralement en gomme élastique, qui se disposent à volonté d'un point à un autre. Si l'on parle à une extrémité, le son se transmet de couche en couche, et arrive facilement à l'autre extrémité, à la seule condition que ces tubes ne présentent point de courbure brusque. Théorique-