PROPAGATION DANS L'AIR 2D
ment, il n'y a pas de limite à une transmission de ce genre dans des tubes cylindriques ; en pratique, le son s'affaiblit peu à peu dans les tubes longs, parce que l'air vibrant frotte contre les parois et y use uhe partie de son mouvement. Néanmoins il peut arriver jusqu'à de grandes distances.
Wheatstone a décrit une élégante expérience sur la transmission des sons. Une baguette de bois, d'une longueur de quelques mètres, passe d'une chambre à une autre , par exemple d'un étage à l'étage supérieur. Pour la préserver du contact d'autres corps, nous l'entourons d'un tube de fer-blanc et de gomme élastique, mais les deux extrémités restent libres. L'une d'elles est mise en communication avec la table d'harmonie d'un piano, ou avec un autre instrument de musique , et transmet jusqu'à l'autre extrémité tous les sons qu'elle reçoit. Pour les rendre sensibles, il suffît d'attacher à la seconde extrémité un autre instrument : violon, harpe, piano. L'effet est surprenant : on entend très-bien un morceau de musique joué dans une autre chambre ou à un autre étage.
4. Voici maintenant une autre question qui se présente : avec quelle vitesse le son se transmet-il dans les différents corps? cette vitesse est-elle grande ou petite? est-elle la même pour tous les corps, ou non ?
Nous entendons par vitesse l'espace parcouru dans une seconde, et, passant à un exemple, nous voulons nous demander quel est l'espace parcouru dans l'air, en une seconde, par une vibration sonore. C'est un fait très-connu que cette vitesse n'est pas grande. En effet, quand un homme, à une certaine distance, frappe avec un marteau sur une enclume , nous voyons dabord le mouvement du marteau, puis nous entendons le son; si la distance est un peu grande, la différence de temps entre la sensation de l'œil et celle de l'oreille devient très-sensible. Un coup de canon tiré à grande distance s'annonce à nous
d'abord sous forme d'une flamme produite par l'explosion de la poudre, puis seulement ensuite sous forme de bruit. Il existe un grand nombre d'exemples de ce genre. Ils prouvent que le son se transmet beaucoup plus lentement que la lumière, et que, dans tous les cas, la vitesse du son ne peut être grande.
La méthode employée pour déterminer la vitesse du son est très-simple. Il suffît de placer deux canons à deux stations différentes et à la plus grande distance possible l'une de l'autre; de mesurer exactement cette distance, de faire tirer des coups à des moments convenus, et d'observer, au moyen d'un chronomètre à secondes, le moment où le bruit de la première station arrive à la seconde et vice versa. On connaît ainsi le temps employé par le son à parcourir l'espace compris entre les deux stations ; on connaît de plus la distance, et, en divisant l'un des chiffres par l'autre, on a la vitesse cherchée.
De telles expériences doivent se faire pendant la nuit pour ne pas être troublées par d'autres bruits. De plus elles doivent se faire pendant des nuits calmes, sans vent, parce que le vent, qui n'est autre chose que la translation d'une grande masse d'air, augmente ou diminue la vitesse du son suivant qu'il est favorable ou défavorable, autrement dit suivant que sa direction est conforme ou contraire à la direction du son. Mais, comme on n'est jamais sûr qu'il n'y a pas de vent, on tire autant de coups de canon à une station qu'à l'autre, de sorte que le vent, favorable pour l'une, est défavorable pour l'autre. L'une des vitesses est donc trop grande , l'autre trop petite, et la moyenne représente , avec une grande approximation , La valeur qu'on aurait trouvée dans le cas où il n'y aurait pas eu de vent.
On a exécuté plusieurs fois des expériences de ce genre. Je citerai spécialement celles des académiciens français en 1822 entre Montlhéry et Yillejuif, celles de Moll et de