‹ Le son et la musiqueChapitre 57 sur 80 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

éloigner, et qu'entre les limites de ces lois, il y a un champ très-vaste ouvert à tous les efforts de l'imagination humaine. Il importait en outre de démontrer que beaucoup de jugements, qui courent en Italie et au dehors, sur la valeur de telle ou telle école, de tel ou tel maître, sont pour la plupart inexacts, parce que la véritable culture musicale est négligée en Italie.

Nous considérons comme indispensable à. notre culture littéraire de connaître, non-seulement les auteurs modernes, mais aussi les auteurs de tous les temps et de toutes les nations. Mais, au point de vue musical, à très-peu d'exceptions près, nous ne connaissons que les auteurs de ce siècle, et jusqu'à ces derniers temps, nous ne connaissions que les seuls Italiens. C'est une indigence d'idées et de connaissances qui ne peut pas et ne doit pas durer, parce qu'elle amènerait infailliblement la décadence musicale de la nation.

Ce fait nous paraît si grave que nous devons insister de toutes nos forces sur la nécessité d'y porter un prompt remède. Nous ne pouvons comprendre comment des villes, dont un grand nombre dépensent des sommes considérables pour les théâtres, ne consacrent pas cet argent à favoriser et accroître la culture musicale du pays, plutôt qu'à divertir les masses par des spectacles souvent ineptes et sans aucun sens. Nous croyons donc de notre devoir d'appeler l'attention publique sur cette grave lacune de l'éducation populaire, en remarquant que le théâtre subventionné doit être un lieu d'enseignement et non pas seulement de plaisir. Ce n'est pas notre tâche d'indiquer comment on peut atteindre ce noble but, et surtout ce ne serait pas le moment d'étudier une question semblable. Mais nous n'avons pas besoin de dire que le problème n'est ni difficile ni compliqué et que, la question une fois posée, on trouvera certainement des hommes capables de la résoudre d'une manière satisfaisante.

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