CONSTITUTION DE L'OREILLE
entre m et o; ce sont là probablement les parties susceptibles de vibrer. Ils sont entourés de fibres innombrables, parmi lesquelles on reconnaît les fibres nerveuses qui vien-
nent s'y joindre par les trous e. Les fibres diamétrales, g, h, iy K et les cellules o, paraissent aussi appartenir au système nerveux.
Ces arcs d, e, au nombre de plus de trois mille, sont placés régulièrement les uns à côté des autres, comme les touches d'un piano, sur toute la longueur de la paroi du limaçon.
186 l'harmonie musicale
On a trouvé tout récemment dans les autres portions de l'appareil auditif, dans ce qu'on appelle le vestibule, — où les nerfs se répandent sur de petites poches membraneuses nageant au milieu d'un liquide aqueux, — des nerfs terminés par des appendices élastiques qui ont la forme de petits poils roides. La disposition anatomique de ces appendices permet d'affirmer presque sûrement qu'ils se mettent à vibrer à l'unisson des vibrations sonores amenées dans l'oreille. Admettons, de plus, que chacun de ces arcs de l'ouïe, de même que les cordes d'un piano, soit accordé de manière à ne rendre qu'un son déterminé : ce n'est là qu'une hypothèse jusqu'ici, mais une hypothèse que l'examen attentif des facultés de l'oreille me paraît rendre trèsprobable. En vous reportant à ce qui se passe dans le piano, vous voyez que chacun de ces appendices ne pourra vibrer, et par suite la fibre nerveuse correspondante ne pourra percevoir la sensation du son que lorsqu'un son convenable y arrivera, et que la présence d'un son particulier dans une réunion confuse de sons divers doit toujours être marquée par la sanction correspondante *.
1. Depuis la conférence de Bonn, l'anatomie de l'oreille a fait des progrès à la suite desquelles cette hypothèse a dû être modifiée par Helmholtz dans la troisième édition de son livre die Lehre des Tonempfundungen paru en 1870, traduite en français sous le titre de la Théorie physiologique de la musique. (Paris, Masson, 1874, appendice, p. 560 et suivantes.)
Voici comment on peut résumer ces modifications. Les fibres de Corti n'existent point chez les oiseaux et les reptiles, comme l'a démontré Hasse ; il n'est donc plus possible de leur assigner la môme fonction qu'auparavant. Or Hensen a remarqué qu'une des membranes libres du limaçon, la membrana basilaris est très-résistante dans le sens de ses fibres, tandis quelle se déchire facilement dans une direction perpendiculaire. Helmholtz en a conclu que les fibres de la membrana basilaris pouvaient être considérées comme autant de cordes, faiblement rattachées les unes aux autres ; il a soumis cette nouvelle hypothèse au calcul qui l'a confirmée. En sorte que, jusqu'à nouvel ordre, ce sont les fibres de la membrana basilaris qui jouent le rôle précédemment attribué aux fibres de Corti.
Notons aussi que, de l'étude plus approfondie du mode de liaison des osselets, Helmholtz a conclu que tout son très-fort, même objectivement simple, doDne lieu à la sensation d'harmoniques. L'importance de ces derniers dans la théorie et la pratique de la musique doit nécessairement s'en accroître.