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MÉCANISME DE LA PERCEPTION DES SONS

Puis l'expérience vous prouve que l'oreille peut résoudre en leurs parties isolées des mouvements sonores composés.

Par mouvements sonores composés, nous avons exprimé jusqu'ici ceux qui ont pris naissance sous l'action simultanée de plusieurs corps vibrants. Gomme la forme de ces ondes sonores varie avec les différents instruments musicaux qui les produisent, il pourra se faire que la manière dont vibre l'air dans le canal auditif en produisant un tel son, soit identique avec le genre de vibrations qui, dans d'autres cas, se produisent sous l'influence de deux ou plusieurs instruments agissant à la fois. Si l'oreille peut, dans ce dernier cas, décomposer le mouvement en ses parties isolées, elle pourra bien aussi le faire dans le premier, lorsque le son provient d'une source unique. C'est en effet ce qui a lieu.

Je vous ai parlé plus haut de la forme d'onde aux montagnes et aux vallées doucement arrondies ; je l'ai appelée l'onde simple ou pure. Le mathématicien français Fourier a énoncé un principe important, s'appliquant à ce genre d'onde; on peut le traduire en langage ordinaire, et l'exprimer à peu près ainsi : Une forme donde quelconque 'peut être composée d'un certain nombre d ondes simples de longueurs différentes. La plus longue de ces ondes simples a la même longueur que l'onde donnée, les autres ont une longueur deux, trois, quatre et cinq fois plus petite.

On peut produire une variété infinie de ces formes en réglant différemment la rencontre des montagnes et des vallées.

Les courbes A et B (fîg. 45) représentent des ondes de sons simples. B fait dans le même temps deux fois plus de vibrations que A, dont il est, par suite, l'octave. G et D représentent, au contraire, des oncles produites par la superposition des ondes A et B. La partie ponctuée au commencement de ces courbes représente le commencement de la

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courbe A. En G , on a placé le commencement e de la courbe B sur le commencement de A ; en D, on a au contraire placé la première vallée b2 de la courbe B sur le commencement de A. Il résulte de ces superpositions deux courbes

Fig. 45.

composées différentes, dont la première a des montagnes s'élevant rapidement et s'abaissant en pente plus douce, dont les sommets rempliraient exactement les vallées; D, au contraire, nous montre des montagnes pointues et des vallées planes , mais symétriques en avant et en arrière.

La figure 46 nous montre d'autres formes résultant de la superposition des deux ondes simples A et B. B fait trois fois plus de vibrations par seconde que A, et par suite correspond à la quinte de l'octave supérieure de A. En G et D, les courbes ponctuées sont des vibrations de A. G a des

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