MOUVEMENTS SONORES COMPOSES
sommets aplatis et des vallées planes, D des sommets et des vallées pointues.
Fig. 4G.
Ces exemples, choisis parmi les plus simples, suffisent pour vous donner une idée de la variété des formes qui peuvent être produites par des superpositions de ce genre. Si, au lieu de ne prendre que deux ondes simples, on en prend plusieurs, en variant à volonté leur origine et leur hauteur, on peut en déduire des variétés innombrables, et produire en réalité une forme d'onde quelconque x .
Lorsque différentes ondes simples se réunissent à la surface de l'eau, l'onde composée ne subsiste qu'un instant, parce que les ondes les plus longues se propagent plus
1. Les ondes ne doivent pas, bien entendu, présenter de parties superposées ; elles n'auraient d'ailleurs aucune signification acoustique.
rapidement que les plus courtes ; elles se séparent donc de nouveau, et l'œil peut ainsi constater qu'il y a plusieurs systèmes d'ondes en présence. Mais lorsque des ondes sonores sont ainsi composées, elles ne se séparent plus, parce que les ondes longues et courtes se propagent également vite à travers l'air. L'onde reste composée telle qu'elle est, et au moment où elle frappe l'oreille, il est impossible de reconnaître si elle est restée telle qu'elle est sortie de l'instrument musical , ou bien si elle s'est formée en route par la superposition d'un ou de plusieurs systèmes d'ondes.
Que fait maintenant l'oreille? les résout-elle, ou bien les entend-elle comme un tout ? La réponse peut varier avec le sens que l'on attache à la question. Il faut, en effet, distinguer ici deux choses : la sensation dans le nerf acoustique, telle qu'elle se produit, sans aucune intervention d'activité intellectuelle ; ensuite la représentation que nous nous en faisons à la suite de cette sensation. Nous sommes donc obligés de distinguer, pour ainsi dire, entre l'oreille matérielle du corps et l'oreille spirituelle de l'entendement. L'oreille matérielle fait toujours ce que le mathématicien fait à l'aide du principe de Fourier, ce que fait le piano par L'ensemble de ses cordes ; elle résout les formes d'ondes qui ne correspondent pas comme les sons du diapason à des ondes simples, en une somme d'ondes simples, et perçoit isolément le son appartenant à chaque onde, que l'onde soit sortie composée ainsi de la source qui l'a produite, ou bien qu'elle se soit composée en route.
Si nous pinçons une corde, par exemple, elle nous donne, comme nous l'avons vu, un son dont la forme s'éloigne beaucoup de celle d'un ton simple. L'oreille, en décomposant cette forme en une somme d'ondes simples, entend en môme temps une série de sons simples correspondant à ces ondes.
Les cordes se prêtent très-bien à ces recherches, parce