TRANSMISSION DU SON A TRAVERS LES TUBES
tube dressons une bougie allumée, et battons des mains à l’orifice opposé : la flamme s’éteint ou menace de s’éteindre. Elle s’éteint tout à fait, si l’on frappe deux volumes l’un contre l’autre. Vous pouvez observer ici, au moins d’une manière approchée, la vitesse avec laquelle le son se propage. La flamme s’éteint à l’instant même où le choc des mains a lieu, il n’y a pas d’intervalle sensible entre le battement et l’extinction de la flamme. Nous ne voulons pas dire cependant que le son n’emploie absolument aucun temps déterminable à parcourir la longueur du tube, mais ce temps est si court que nos sens ne peuvent l’apprécier. Pour montrer que c’est bien un mouvement ondulatoire , et non un courant ou une bouffée d’air qui éteint la bougie, il suffit de remplir de fumée de papier très-épaisse et très-visible l’extrémité du tube voisine de la bougie, et de reproduire à l’autre extrémité le choc des deux volumes : vous ne voyez aucune trace de fumée sortir du tube. L’onde a traversé la fumée aussi bien que l’air, en lës laissant à leur place.
Passons à une autre expérience. Ce tube en gutta-percha, dont une extrémité est à portée de ma main, et qui peut avoir trois centimètres de diamètre intérieur, va à travers le plancher dans une chambre située au-dessous, et se prolonge jusque dans une des cours de cet établissement, où il se termine en entonnoir. Mon préparateur ou aide est dans cette cour: là il pourra crier aussi fort qu’il lui plaira ; aussi longtemps qu’il se tiendra à distance de l’embouchure du tube, nous ne l’entendrons pas ; mais voici qu’il parle dans le tube à voix très-basse, et je l’entends. De mon côté, je lui adresse la parole aussi par le tube, je lui dis : Etes-vous prêt? et vous entendez sa réponse. Je l’invite à produire en chantant une note continue, et vous entendez cette note retentir au milieu de nous. En fermant et ouvrant le tube alternative-
LEÇON I
ment, je suspends ou je rétablis cette correspondance musicale : il me suffit de mettre mon pouce sur l’ouverture du tube pour arrêter le son. Voici que mon homme souffle dans un cornet à l’entrée du tube, et vous êtes étourdis par le son strident de cet instrument. Je lui demande de chanter, et vous entendez notre hymne national; ce n’est pas d’ailleurs un chant affaibli par la distance, on dirait qu’un petit chanteur se tient caché à cette extrémité du tube. Un physicien français, Biot, si justement célèbre, observa la transmission du son dans les tuyaux vides des conduites d’eau de la ville de Paris, et il trouva qu’à voix basse il pouvait entretenir une conversation à la distance d’un kilomètre. Le plus faible murmure de la voix était entendu à cette distance, et la détonation d’un pistolet à une des extrémités du tube éteignait une bougie placée à l’autre extrémité.
La propagation du son, telle que nous venons de l’établir, est la même que celle de la lumière et de la chaleur rayonnante, qui ne sont aussi que des mouvements ondulatoires. De même que le son, la lumière et la chaleur rayonnante se répandent indéfiniment dans l’espace, en diminuant d’intensité suivant la même loi; de même que le son, elles perdent très-peu de leur intensité en se propageant dans des tubes dont la surface intérieure est parfaitement polie. En outre, toutes les expériences sur la réflexion de la lumière ont leur analogue dans là réflexion du son. Vous voyez dans cette galerie, tout près de la pendule affectée au service de l’amphithéâtre, une lampe électrique. Un aide, placé dans la galerie, allume la lampe et en dirige la lumière vers un miroir concave placé au-delà de cette chaire. Par un effet de réflexion particulier à cette sorte de miroir, les rayons divergents qui tombent sur sa surface deviennent convergents et produisent ce beau cône de lumière. Je marque