RÉFLEXION DU SON PAR LES MIROIRS
le point de convergence, ou sommet du cône, je fais éteindre la lampe et je place en ce point mon oreille. C’est en ce point que viennent concourir toutes les ondes sonores émises par la pendule après leur réflexion sur le. miroir, et j’entends ses battements comme s’ils venaient non de la pendule, mais du miroir. Je fais arrêter la pendule, et suspendre une montre à la place de la lampe. Quelque grande que soit la distance, j’entends le tic-tac de la montre. La perception du son est aidée par un entonnoir employé comme cornet acoustique, et dont le tube pénètre dans le tuyau de l’oreille : quand on s’aide ainsi de l’entonnoir, et qu’on a rétabli le mouvement de la pendule, le bruit de ses battements, réfléchi par le miroir, est tellement fort que le tympan de l’oreille a quelque peine à le supporter, tandis que sans le miroir ce même bruit est presque imperceptible.
Voici deux miroirs paraboliques ( fig . 4) : l’un nn' est placé sur la table, l’autre mm' est suspendu au plafond de l’amphithéâtre ; la distance qui les sépare est de plus de huit mètres. On place les pointes de charbon de la lumière électrique au foyer a du miroir inférieur, et on établit le courant. Nous voyons aussitôt apparaître un beau cylindre lumineux, formé par les rayons que le miroir inférieur réfléchit parallèlement à son axe, ou plutôt à l’axe commun des deux miroirs. Ces rayons vont frapper le second miroir, qui les réfléchit vers son propre foyer. Une montre suspendue en ce dernier point réfléchit, dans toutes les directions, les rayons qui s’y trouvent concentrés, et il en résulte une petite image lumineuse aussi brillante que le soleil. Quant à la montre, bien qu’elle marche, dans ma position actuelle, je ne puis entendre le bruit de ses battements, parce que toutes les ondes sonores émises par elle doivent, après leur réflexion par le miroir inférieur, converger vers son foyer a. Effectivement, en appliquant l’oreille en tf, j’entends le tic-tac
LEÇON I
aussi distinctement que je pourrais l’entendre si j’avais la montre dans la main ; le son parvient à mon oreille comme s’il émanait du miroir inférieur.
Les voûtes et les plafonds à arêtes courbes agissent comme des miroirs sur le son. Dans notre laboratoire, par exemple, il y a des points où le bouillonnement d’une chaudière placée sur le fourneau semble venir du plafond. Des dispositions fortuites de cette nature ont amené parfois la révélation de secrets plus ou moins graves ; Herschel en cite un exemple piquant. Dans une des cathédrales de Sicile, un confessionnal était placé de telle manière, que les confidences du pénitent, réfléchies par les arêtes creuses de la voûte, allaient former foyer en un point de l’édifice assez distant. Le lieu de ce foyer